Rangiroa, l’atoll enchanté des Tuamotu
- CitoyensDuMondeEM

- 24 sept. 2021
- 7 min de lecture
Dernière mise à jour : 2 oct. 2021
Avec le pass inter-îles il est possible de faire plusieurs archipels. Comme mentionné plus tôt on pense que pour un premier voyage, qui plus est de 3 semaines, il n’y a de temps que pour deux archipels. Bora-Bora est la porte d’entrée vers les Tuamotu. Cet archipel est composé uniquement d’atolls. Un atoll c’est une ancienne île volcanique dont le centre s’est effondré, ne laissant plus qu’une bande de terre avec d’un côté le large océan et de l’autre le lagon avec une vie sous-marine extrêmement riche.

L’avantage de devoir passer d’une île à l’autre en avion c’est bien sûr de pouvoir admirer ces magnifiques atolls depuis le ciel.

Rangiroa est connu pour deux choses : la première, c’est le paradis de la plongée, la deuxième : la famille de dauphins qui a élu domicile dans la passe de Tiputa.
Une passe c’est le couloir de communication entre l’océan et le lagon, l’endroit où l’océan entre dans le lagon, les courants peuvent être sortants ou entrants.
La première journée est dédiée aux fonds sous-marins. Pour ma part j’ai mon niveau de 1 plongée mais je ne plonge plus suffisamment pour me comporter comme un vrai niveau 1. Mathieu en revanche doit passer son niveau, même s’il est très à l’aise, et il est donc cantonné au baptême, c’est son 3ème mais bon on considère toujours qu’il s’agit d’un baptême.
Sur les supers conseils de notre hôte Ludwig, nous réservons avec Rangiroa Plongée. Un club au top ! On a adoré l’ambiance. Alexandra est venue nous chercher et on a beaucoup discuté, puis on a rencontré Claudio et Raphaël, notre instructeur pour la journée, super sympas. C’est quand on s’assied sur les tables en bois, avec la montagne d’équipements qu’il faut pour plonger que je me rends le plus compte du point auquel ce monde me manque !
Plonger dans la passe nécessite un très bon niveau de plongée, ne vous laissez pas entrainer par des gens qui vous font miroiter que c’est accessible à n’importe qui. Parfois il vaut mieux expérimenter un peu de frustration et faire une excursion avec des gens sérieux plutôt que de se retrouver dans une situation délicate voire dangereuse. Nous plongeons donc dans le lagon, dans ce qui s’appelle l’aquarium. A peine sous l’eau que des centaines de sensations reviennent. Au risque de me répéter, on ne peut être qu’émerveillé devant la beauté des fonds marins polynésiens. L’eau est toujours aussi transparente, la faune incroyablement riche. On passe au milieu des perches pagaies qui forment des bancs impressionnants et on peut même les toucher tellement il y en a. On croise le chemin de deux murènes et d’un requin dormeur. Les coraux et les bénitiers apportent des couleurs vives et intenses. Bref un instant absolument merveilleux, en parfaite communion avec les éléments. La température de l’eau permet d’en profiter sans aucun inconvénient.
Comme nous le disions précédemment les dauphins se trouvent en général dans la passe de Tiputa. Et la passe de Tiputa n’est pas accessible en plongée à tout le monde. Mais c’était sans compter sur Rangiroa Plongée qui a toujours une solution ! Ils nous proposent d’y faire du snorkeling avec un guide. La sortie snorkeling comprend, l’observation des dauphins, deux descentes de passe et du snorkeling à l’aquarium. Avec notre fidèle Raphaël et notre incroyable capitaine nous commençons par l’observation des dauphins, mais beaucoup de bateaux d’expédition les gênent au point qu’ils refusent tout contact. On décide donc de faire les descentes de passes, et là on prend conscience du courant absolument démentiel qui y règne. Malgré mes palmes et toute la force dont je suis capable (ça se passe de commentaires), en nageant à contre-courant, ma meilleure performance est de ne pas bouger…
Après nos expéditions passes et snorkeling nous repartons à la recherche des dauphins. J’ai vraiment envie de souligner le professionnalisme de nos guides et l’incroyable savoir-faire de notre capitaine. Lorsque ce dernier nous dit « c’est bon, mise à l’eau » le guide semble un peu dubitatif. Notre capitaine insiste « c’est maintenant ». Aussitôt dit aussitôt fait, nous voilà à l’eau. Je regarde dans tous les sens, craignant de manquer la rencontre d’une vie. Quand soudain, nageant paisiblement, calmement, nous croisons deux dauphins puis un troisième. Bien que munie d’un tuba j’en oublie de respirer. Le grand dauphin commun est là à quelques mètres de nous, agitant la tête, le soleil couchant se reflétant sur sa robe grise. Un troisième dauphin passe sous les deux premiers, toujours paisible, imperturbable. On les entend communiquer. Un quatrième les rejoint. Elle s’appelle Câline car c’est la moins farouche du groupe, son dos est marqué par des cicatrices car elle est passée sous un bateau d’excursion, la pauvre. Heureusement elle a guéri. Elle tourne autour de nous, s’approchant, nous montrant son ventre. Je croise son regard, et c’est un instant suspendu en dehors du temps. Elle nous montre son ventre. Nage juste devant moi. Je meurs d’envie de tendre le bras pour la toucher. Mais je ne sais pas si on a le droit. Je me ravise. Elle siffle. Elle nage à contre-courant juste devant moi et finit par s’en aller. Je palme plus fort pour la voir encore un peu mais rien n’y fait, elle part en trois mouvements de queue. On remonte sur le bateau, émerveillés, émus, sur un petit nuage. De retour au club Claudio me demande même ce qu’ils m’ont fait fumé sur le bateau. Le coucher du soleil est sublime, côté lagon, clap de fin d’une journée idyllique.
La deuxième journée est consacrée à l’île aux récifs. Endroit emblématique de Rangiroa il faut nécessairement passer par un guide pour s’y rendre. Nous y sommes allés avec Léon (Pa’ati excursion). C’était une journée merveilleuse. Léon nous récupère au gite et nous allons jusqu’à Tiputa où nous embarquons sur son bateau. On commence par essayer de voir les dauphins, on croise leur chemin dans l’océan, à la surface. Puis cap sur l’île aux récifs à une heure de bateau. On arrive devant un paysage de carte postale. Les palmiers ont poussé sur les motu disposés ça et là. Le bleu est encore plus beau que dans n’importe quelle publicité de séjour de luxe. Le bateau reste là, nous continuons les pieds dans l’eau jusqu’aux concrétions de pierres, résultat de la rencontre entre deux plaques tectoniques ; Les formes données sont impressionnantes et très abrasives. Les vagues se fracassent sur ces roches et le soleil écrase toute forme de vie. Les petites piscines naturelles permettent de se rafraichir. On traverse ensuite un bras de l’océan jusqu’au motu privé de Léon où ils ont commencé à faire à manger. La table est dressée avec des feuilles de palmier et une nurserie de requins se trouve au pied du motu dans les eaux peu profondes de l’océan. La vue est imprenable ! le repas est excellent. On n’a jamais mangé un pain coco aussi bon ! et du poisson cru à la tahitienne et du mahi mahi cuit au barbecue. Extraordinaire. Léon a ensuite préparé des feuilles de palmiers pour nous apprendre à faire un petit sac. Le tressage s’annonce un peu compliqué mais on s’amuse bien.
La journée se finit après un épisode de snorkeling à l’aquarium agrémenté de Ukulélé. Et là après cette journée bien remplie, Léon décide qu’après tout il faudrait qu’on essaye de mieux voir les dauphins. Nous voila donc dans la passe. Les dauphins jouent avec les plongeurs. Devant nos mines envieuses, Léon nous propose de nous mettre à l’eau. Ni une ni deux Mathieu et moi sommes en maillot de bain sur le rebord du bateau prêts à sauter. Dès le signal lancé nous voilà sous l’eau. On nage environ 40 mètres (je n’ai jamais nagé aussi vite) avant d’arriver à l’endroit, où plongeur, dauphins et nageurs s’observent et s’amusent. Deux dauphins sont là, et nous font un véritable spectacle. Elles cherchent le contact, s’approchent. On les suit autant que possible. Chaque seconde semble être arrachée à la vie. Nos yeux se croisent à nouveau. Elles secouent la tête. Quand elles en ont marre elles finissent par partir et nous par rejoindre le bateau, planant sur un petit nuage.
Léon nous ramène au gite.
Il y a une chose que l’on aimerait préciser concernant les expéditions en Polynésie française. Nous avons l’habitude de faire les choses nous-mêmes et avoir recours à un guide n’est pas quelque chose de naturel pour nous. Pourtant ce sont certainement ces expéditions qui ont fait de notre voyage le plus beau que l’on ait vécu. Certes cela alourdit le budget mais comparé à la qualité de la prestation c’est incroyable. Les guides assurent en général, le transfert, le repas, les explications, l’encadrement snorkeling, le transport et en plus et surtout ils ne comptent pas leurs heures, loin de là. IL n’y a pas d’heure de fin car s’il y a autre chose à voir, on ira le voir. Un tourisme d’une qualité inégalée et on adore !
Côté terre, Rangiroa est un peu limité. Vous pouvez toujours visiter Avatoru, chef-lieu de l’île, Gauguin’s pearl farm avec des visites gratuites de la ferme perlière à 8h 10h et 14h.
Une spécificité : la cave de Rangiroa qui produit le seul vin au monde à être fait sur un atoll. La visite se fait à 17h et coute 2000 FCP. Elle commence par un film qui explique la création de la cave et les challenges qui l’ont accompagnée. Absence de stress de la vigne, 6 heures d’ensoleillement en moins, sol corallien, choix du cépage etc. Puis s’ensuit une dégustation de 4 vins différents et de deux rhums. Autant vous dire que le retour en vélo, de nuit a été sportif…
Quelques adresses : chez Ludwig : fare atimutimu. Super sympa, transfert, lieux magnifiques, vélos prêtés, repas pris tous ensemble. Une ambiance décontractée et conviviale comme on aime. Ludwig est plein de bons conseils. On y a fait des rencontres merveilleuses. Il faut aimer la convivialité mais si c’est le cas, le tour est joué !
Pour manger : Chez Lily, il ne faut pas être pressé mais les plats sont très bons et originaux, près de la passe et des clubs de plongée !
Pour plonger : Rangiroa Plongée
Pour les expéditions : Léon !































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