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Moorea, le lézard jaune, la pieuvre, et les baleines

  • Photo du rédacteur: CitoyensDuMondeEM
    CitoyensDuMondeEM
  • 2 oct. 2021
  • 10 min de lecture

Dernière mise à jour : 7 déc. 2021

Après un retour éclair à Papeete, la faute au fameux pass inter-île, nous prenons le bateau, direction Moorea (bien prononcer les deux « o » et surtout pas un « ou »). Deux compagnies existent : Terevau et Aremiti. Nous optons pour Terevau, un peu moins cher et plus rapide. Les horaires sont affichés à la gare maritime. Lorsque vous n’avez pas de véhicule avec vous, pas besoin de réserver. Il suffit de se rendre au moins trente minutes avant le départ à la gare maritime, de prendre les tickets et d’attendre d’embarquer.


Moorea signifie lézard jaune.




En fonction de la saison, on peut avoir la chance d’observer des baleines lors de la traversée.

Arrivés à Moorea, sous la pluie, Mathieu vaillant et courageux part chercher le scooter que nous avons loué pendant que je garde les bagages. Nous logeons à Haumi vers le Sud de l’île dans un AirBnB qu’on ne recommandera pas… chargés au possible avec tous nos sacs, à deux sur le scooter, ce dernier peine à nous amener jusqu’à Haumi ! Je découvre les cales pieds une fois arrivée, et délestée des deux sacs, de l’appareil photo et du téléphone pour trouver le logement… Bref. On a loué le scooter pour une journée et demie, et heureusement ! Grâce à notre moyen de locomotion nous faisons le tour de l’île. Le Nord est l’endroit où il y a le plus de choses à voir, pour autant on commence par le sud, on admire sur le passage les montagnes. Le soleil fait son apparition et le spectacle est magnifique. La Montagne encore un peu embrumée, un ciel menaçant, le bleu de la mer.

On mange à Taoahere Beach House, plutôt sympathique, les pieds presque dans l’eau. On reprend la route jusqu’à la Montagne Magique. On laisse le scooter vers la petite boutique, paye les droits d’entrée (500 FCP) par personne et on attaque l’ascension de la Magic Mountain. On prend le chemin le plus court, mais aussi le plus difficile une vingtaine de minutes plutôt intenses agrémentée d’une jolie vue. Nous arrivons en même temps qu’un guide et une famille qui a privatisé le tour FranckyFranck Tours, qui a l’air vraiment sympathique. Ils arrivent en 4x4 et sont plutôt amusés de notre état d’agonie. On profite des histoires de Franck et ça c’est génial. Arrivés au sommet, la vue est superbe sur la baie d’Oponohu, antre d’une pieuvre aux huit tentacules. La tête de la pieuvre s’étant figée dans le mont Rotui. La légende (tahiti héritage) raconte qu’à Papetoi « il y avait un marae, une source d’eau fraîche et une grande pieuvre. Cette pieuvre, Tau Mata Fee Faatupu Hau , s’appelait aussi Tumu Rai Fenua. Elle avait été envoyée par les dieux de l’ancien temps pour apporter à la population amour et harmonie. Tous les habitants venaient écouter la pieuvre qui leur parlait de la nature, des étoiles et complétait leur connaissance du monde. Pendant longtemps, la pieuvre s’acquittât de sa mission et les habitants vécurent ensemble en toute quiétude. Un jour, des étrangers débarquèrent sur la plage de Vaihere, des hommes-tortues venus de très loin à la nage. Ils racontèrent à la population étonnée que de l’autre côté de la mer, il y avait d’autres terres, d’autres pays, d’autres gens. Les Hommes Tortues allèrent voir la pieuvre au marae Tapuatea, et lui racontèrent leur histoire. Curieux, les gens de Fa’ato’ai demandèrent aux hommes-tortues de les emmener voir où ils habitaient. La pieuvre, refusa d’abord de les laisser partir, mais pour éviter des conflits, elle accepta à contrecœur que quelques habitants partent. Quand les habitants revinrent de leur séjour au pays des hommes-tortues, ils se mirent à raconter tout ce qu’ils avaient vu et tout ce qu’ils avaient appris dans ce nouveau pays. Ils racontèrent comment les gens là-bas vivaient et ce qu’ils faisaient. Et bientôt des discordes apparurent au sein de la population ; car certains habitants avaient modifié leur façon de vivre et se querellaient. Les dieux entendant ces disputes dirent à la pieuvre :

« Nous te donnons une terre pour que tu puisses montrer aux gens comment s’aimer et vivre en harmonie, et maintenant ils se querellent. Si tu es incapable de guider les gens de l’île, nous allons te punir ».


La pieuvre s’enfuit


La pieuvre contrariée sortit de sa source et décida de quitter Papetoi et d’aller se réfugier sur le mont Rotui. De colère, elle répandit son encre sur le versant de la montagne jusqu’à la plage Vaihere, à l’endroit où les hommes-tortues avaient débarqué.

Puis la pieuvre appela tous les nohu (poisson-pierre) et leur demanda de s’installer et de bien garder la baie. Depuis ce moment, le nom d’Opunohu est resté (Opu = ventre ; nohu = poisson-pierre). On dit d’ailleurs aujourd’hui qu’il ne faut pas pêcher dans cette zone car les poissons sont empoisonnés par l’encre de la pieuvre.

Sa tête est devenue un rocher alors que ses huit tentacules se collèrent sur les huit chaines de montagne de Moorea. Mais avant sa transformation, voici ce qu’elle lança à Taaroa : « Je reviendrai un jour. Des signes précéderont mon retour, c’est-à-dire le retour de la paix et de l’unité. » ».


La Montagne Magique offre donc une vue imprenable sur la baie d’Opunohu, au bleu plus profond que les autres endroits de l’île, ainsi que sur les montagnes qui caractérisent Moorea. On peut même observer une église au toit octogonal rappelant les huit tentacules de la pieuvre. C’est dans la baie d’Opunohu que James Cook débarqua lorsqu’il découvrit Moorea. On tenta de rebaptiser la baie d’Oponohu en baie de James Cook, mais les habitants s’y sont opposés craignant la colère de la pieuvre, alors c’est la deuxième baie de Moorea qui a été baptisée James Cook.


Après être redescendu de la montagne (à pied n’en déplaise à la chanson), nous goutons les merveilleuses confitures de la gardienne des lieux ! Puis nous nous enfonçons dans la fameuse baie jusqu’au criobe, le Te Fare Natura musée. On prend la route pour s’enfoncer dans la montagne en faisant une pause au Lycée Agricole de Moorea et y déguster le meilleur jus d’ananas de tous les temps ! Le Lycée Agricole se visite, notamment les champs d’ananas (Queen Tahiti) qui fondent en partie l’économie insulaire. Une petite boutique permet d’acheter des glaces, des savons, et des jus de fruits. Une pause bienvenue.

Toujours dans l’expédition montagnarde on continue dans la forêt pour voir les marae un peu plus haut. Ils sont bien conservés et l’agencement, dans la forêt dégage un sentiment très agréable et paisible. Malheureusement, comme souvent en Polynésie, les explications manquent un peu.


On arrive enfin au Belvédère, même si la coopération du scooter n’était, pendant un temps, pas assurée. Vers le coucher du soleil, la luminosité est magnifique. Quelques nuages sont restés accrochés à la montagne derrière nous, et le soleil rasant frappe de plein fouet le Mont Rotui, imposant. Les deux baies semblent s’ouvrir vers un horizon infini.

Nous continuons le lendemain notre tour de l’île, avec une dégustation au Tropical Garden. Accroché, à la jungle de la montagne polynésienne, dirigé vers la mer, au milieu de la végétation se trouve un petit bar hyper agréable. La route pour y arriver est pentue et le scooter finit par ne plus coopérer, je finis donc à pied. Le week end, le midi une assiette polynésienne est disponible, et parait-il, plutôt bonne avec un bon rapport qualité prix. On se contente d’un jus d’ananas.





Un peu plus loin, une fois redescendu du nuage suspendu aux arbres, on arrive à la plage de Ta'ahiamanu, où avec un peu de chance on peut voir des tortues. Enfin à l’extrémité de la baie de Cook on peut visiter les usines du jus Rotui, pilier de l’économie polynésienne, et boisson que l’on a forcément l’occasion de déguster lors de son séjour. La visite est gratuite et permet de voir, l’histoire et aussi la fabrication du fameux nectar. La dégustation dans la boutique s’ensuit.



A Pao Pao, des fresques décorent la ville et l’Eglise Saint Joseph. Enfin on arrive jusqu’à la plage de Temae, jolie plage où se trouve le Sofitel. Attention cependant de nombreux vols ont été dénoncés sur cette plage, il ne faut rien laisser sans surveillance. Un point de vue un peu plus haut offre un panorama sympathique sur Tahiti et le Sofitel.


Sortie quad : La majorité de nos excursions étaient orientées vers l’Océan, alors on a voulu faire une excursion plutôt côté terre. Et Mathieu aime bien faire vroum vroum alors on s’est laissé tenter par une sortie quad. Le guide était sympa et on a sillonné les champs d’Ananas, entendu des histoires sur les différentes montagnes, retourné au Belvédère, explorer les chemins de terre, vu les anguilles de Moorea. Bref sympa mais sans plus pour être honnête.




Sortie Baleine : comme on a pu le dire déjà, d’août à octobre c’est la saison des baleines, elles viennent mettre bas dans les eaux polynésiennes avant de repartir. Se trouver face à ces mammifères impressionnants est une expérience sans pareil. On conseille de bien choisir son prestataire, tant pour des raisons de sécurité que pour des raisons de respect des animaux. Nous sommes passés par Moorea Deep Blue et ils ont été géniaux. Super gentils à assurer les transferts, très honnêtes et très respectueux et ça on adore ! Vanessa nous récupère et nous emmène à Hauru à côté de l’hôtel Hibiscus. On monte à bord du bateau où on rencontre le capitaine du bateau et Serena notre guide. Le gros du troupeau de baleines n’est pas encore arrivé et la veille ils n’en ont pas vues. Une petite crainte s’installe en moi, mais après tout on a déjà été tellement gâtés je devrais pouvoir supporter cette petite frustration animalière, qui rappelle aussi que la nature a ses propres règles.


A peine partis on tombe sur tout un groupe de dauphins spinners, qui virevoltent, nagent, s’éclatent ! ça commence bien. Une baleine a été repérée, on se rend rapidement sur les lieux pour ne pas la louper. Plusieurs bateaux sont déjà sur place. Normalement il est possible de faire une mise à l’eau et de s’approcher à la nage à environ 30 mètres de la baleine, évidemment, le rêve absolu. Mais souvent la baleine est suivi par des globicéphales (« globi » pour les intimes), un animal marin qui ressemble à un beluga noir, et les globis sont eux-mêmes parfois suivis par des requins parata. Notre désensibilisation est de courte durée quand on nous parle de ce requin, qualifié de nerveux voire agressif. Dans notre cas il y a beaucoup de globis et donc un risque important qu’un parata soit dans le coin. Serena estime que c’est trop dangereux de faire la mise à l’eau et évidemment, son avis de professionnelle est le seul qui compte. On voit bien qu’elle était au moins aussi frustrée que nous de ne pas aller voir cette magnifique baleine à bosse de plus près. Afin de respecter la baleine on se tient à une distance de 100m mais la voilà qui s’approche de nous, et qui arrivée à quelques dizaines de mètres du bateau nous fait un spectacle magique, des pectorales, la caudale pendant cinq minutes qui bat la surface de l’eau, devant nos yeux émerveillés. Un groupe est à l’eau juste à côté d’elle (ok là on avoue on était très jaloux, mais quand on les a croisés et que le guide nous a dit qu’il était allé au contact avec le parata et avait dû le mettre en chasse, on était beaucoup moins jaloux). Mais rien que de voir le magnifique mammifère dans son élément naturel s’épanouir comme ça on est sur un petit nuage. On la suit pendant plus d’une heure la regardant sortir de l’eau certaines de ses nageoires alternativement, respirer, en monstre de la tranquillité. Bref comment se lasser des mammifères marins ? On reste là a attendre qu’elle saute de l’eau, ignorant le mal de mer qui s’installe un peu, mais elle n’ira pas jusque-là. Sur le chemin du retour on s’arrête observer les raies pastenagues et les requins pointe noire dans le lagon avant d’avoir la chance de voir une petite tortue de mer, mais de manière très brève. On est comblés. Des étoiles plein les yeux, le cœur débordant de reconnaissance.



Il est temps de quitter l’Océan, temps de quitter les mammifères marins qui nous ont tant fait rêver, temps de quitter la faune, et les coraux. C’est notre dernière vraie sortie en mer et cela donne un petit gout de nostalgie, une envie de s’accrocher à chaque seconde, d’incruster dans ses yeux chaque détail.



L’après-midi on fait notre petit caprice : la nuit au Sofitel. On est un peu frustrés parce qu’on aurait aimé faire un peu plus de snorkeling vers les tortues ou une randonnée dans la montagne et on manque un peu de temps. Une journée. Celle que l’on consacre au Sofitel. Donc on ne va pas se plaindre. Mais alors que dire ? J’ai toujours rêvé de faire une nuit sur un bungalow à pilotis, et si on ne le fait pas en Polynésie, alors où ? Bon le prix est exorbitant on ne va pas se mentir, mais on ne vit qu’une fois ?


On arrive donc pile à l’heure pour récupérer notre chambre, qui nous est donnée avec un peu de retard, un verre de bienvenue et un collier de fleurs nous sont offerts en guise de bienvenue. Une petite voiturette nous emmène de la réception à notre chambre, on entre, et là spectacle, après le AirBnB sans eau chaude ni papier toilette, c’est encore plus le grand luxe. Le lit de deux mètres par deux mètres, le balcon, avec vue sur les autres pilotis et sur Tahiti, notre accès personnalisé au lagon, une vitre pour observer les poissons, une douche splendide, le clapotis de l’eau, le salon, le mini-bar à disposition ! Oh punaise ! on n’est pas habitués, on arrive d’ailleurs en short, chaussures de marche et sac à dos, on a l’impression de dénoter un peu. On profite du lagon, de l’heure de canoë offerte, de la piscine, du massage gentiment offert par mon grand frère et ma belle-sœur adorés, c’est le grand grand luxe. Mais on dirait que soudainement le temps s’est accéléré et toutes les minutes passent plus vite. Le soir on participe au buffet polynésien agrémenté d’un spectacle. Bon au risque de jouer nos blasés, rien de comparable avec ce qu’on a pu voir à Tahiti pour le Heiva mais l’effort est là.



On reprochera quand même quelques points : bon on ne revient pas sur le prix de la chambre et le fait que le petit-déjeuner peut ne pas être inclus, il y a aussi le fait que l’on est un peu contraint à consommer dans l’enceinte de l’établissement et que tout est hors budget, le buffet est bon mais très cher, et il ne faut pas croire qu’en faisant les activités « polynésiennes » vous verrez vraiment la Polynésie, ça fait très touristique et pas très authentique forcément. La politique de prix n’est pas très claire ni transparente au risque de se demander ce qui est inclus et ce qui est en supplément. Les transferts ne sont pas assurés. Notre chambre est arrivée un peu en retard, en revanche nos bagages pour le check out ont été récupérés pile à l’heure voire un peu en avance. On ne parle même pas du voucher pour la boutique de perles, ça m’énerve encore (un voucher de 5 000 FCP pour un achat supérieur à 20 000 FCP ou à échanger contre un cadeau. Le cadeau en question : un sac de plage en plastique genre cabas).


Mais on a adoré pouvoir vivre cette expérience, dormir sur l’eau dans des draps soyeux, se faire chouchouter dans un salon de massage, dévorer un petit-déjeuner qui nous a tenu jusqu’au dîner, profiter de l’eau turquoise du lagon dès le lever du soleil, admirer les étoiles sur notre terrasse, à la nuit tombée avec le clapotis de l’eau comme bande sonore, faire du kayak sur le lagon. On ne regrette vraiment pas de l’avoir fait c’était une parenthèse enchantée dans un voyage onirique. Une conclusion en beauté. Le lendemain il est temps de reprendre le ferry dans l’autre sens et de rejoindre Tahiti pour faire le tour de l’île. L’heure du départ se rapproche et nos cœurs se serrent déjà.

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