Huahine, l’île de la femme
- CitoyensDuMondeEM

- 19 sept. 2021
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Première étape de notre pass inter-île : Huahine. 40 minutes de vol, l’avion fait escale à Huahine avant de repartir pour Bora Bora. Les places ne sont pas attribuées, premier arrivé premier servi. Il faut se mettre à gauche dans l’avion pour avoir la meilleure vue. L’arrivée à l’aéroport de Huahine est un peu déconcertante. Petit aéroport sur l’île, les bagages sont rendus à la main. On sort de cette salle assez rapidement et, pour rejoindre Fare, on décide de faire du stop. Fare est le chef lieu de l’île. Et le stop fonctionne très bien Polynésie. Un couple nous accueille gentiment dans sa voiture et nous dépose à Fare. Encore une fois, la vue est surprenante, le clapotis des vagues sur la terre et la montagne au fond de la baie.

On peut remarquer que de Fare les 3 montagnes qui se situent en face ont la forme d’une femme enceinte allongée sur le dos.
Nous avons loué des vélos à eychenne ma, une petite boutique juste à côté du Huahine Yacht club à Fare.
Sur le dos de nos fidèles destriers nous rejoignons le gîte. Un super gîte que l’on recommande vivement : Café Tifaifai, tenu par Flora. Le lieu est magnifique, dans une ancienne palmeraie, en bord de mer, à quelques mètres des baleines, devant le jardin de corail, sur le motu Maeva, Flora est une véritable cheffe d’orchestre des lieux. Très gentille, pleine de bons conseils, nous avons passé un séjour fantastique en sa compagnie.
Pour rejoindre Maeva, on longe le lac, le marae Maeva, les pièges à poisson avant d’arriver au gîte.
La Huahine pearl farm n’est qu’à quelques kilomètres de Maeva, la visite est gratuite, mais une participation libre est demandée pour alimenter le bateau qui vous conduit dans le lagon pour rejoindre la ferme perlière. Une explication rapide du process de collecte de la perle, des naissains, de la greffe est dispensée. Un petit bout rond de plastique est inséré dans la poche perlière de l’huître avec un greffon pour éviter le rejet. L’huître, remise à la mer, va alors recouvrir le corps étranger de nacre. Au bout de plusieurs mois, le greffeur récupère la perle dont la qualité dépend de la taille, la forme, les irrégularités. Le greffeur remet ensuite un autre bout rond de la taille de la perle qui vient d’être récoltée et le process recommence, donnant des perles de plus en plus importantes.
L’endroit où est implanté la ferme perlière est remarquable, la couleur de l’eau nous surprend et, une fois n’est pas coutume, les montagnes veillent impassibles, exposant un camaïeu de vert inimitable.
Un peu plus loin à Faie sur la droite, dans la petite rivière, on peut observer des anguilles aux yeux bleus.
Leur taille est particulièrement impressionnante. Elles peuvent vivre jusqu’à 80 ans !

Le lieu le plus emblématique de Huahine, outre la montagne en forme de femme, réside dans le marae Maeva, impressionnant par sa taille et son état de conservation.
Selon le ministère du patrimoine polynésien : « Les marae étaient des espaces réservés aux activités cérémonielles, sociales et religieuses des Polynésiens. Ils formaient des monuments de taille imposante qui suscitèrent l’intérêt des observateurs européens de la fin du XVIIIe siècle. Si la conception et la construction d’un marae variaient d’une île à l’autre, l’architecture de base comprenait généralement une aire rectangulaire, la cour du marae, pourvue d’une plate-forme (ahu) à l’une des extrémités et d’un ensemble de pierres dressées ».
L’ahu était une forme d’autel sur lequel était réalisé les cérémonies religieuses. A l’arrière du marae Maeva une petite marche mène jusqu’à un autre marae plus en hauteur et qui offre une magnifique vue sur la baie. La plateforme servait de phare aux navigateurs au large.
Les Polynésiens ont beaucoup de respect pour ces lieux cérémoniels. Certains ancêtres reposent encore sous les pierres. Il va se soit qu’il convient d’adopter un comportement en adéquation. Le mana est partout dans ces lieux.
Au marae Maeva on peut, le matin, visiter le Fare Pote, il faut enlever ses chaussures avant de rentrer dans le musée qui sur l’eau, reconstitue une maison traditionnelle et contient quelques informations sur l’histoire polynésienne.
Un peu plus loin, juste après les pièges à poisson on voit également le marae Manunu, qui vit l’arrivée de la princesse Hotu Hiva. La princesse, depuis son plus jeune age était amoureuse de son ami d’enfance Teaonuimaruia. Le père de la princesse, déménagea à Raiatea et décida de la marier à un chef puissant de Raiatea. Hotu Hiva, ne pouvant se résoudre à ce mariage se cacha dans un pahu (un grand tambour) et prit la mer dans ce bateau de fortune. Le vent mara’i souffla pendant deux jours et deux nuits et poussa le pahu vers l’île de Bora Bora. Puis le vent To’erau roa se leva et portée par le dieu de la mer Ruahatu, l’embarcation attint l’île de Huahine. Hotu Hiva arriva épuisée (manunu) ce qui a donné son nom au marae Manunu situé à l’endroit elle atterrit). Partant à la recherche de son ami, et cachant son identité, Hotuu Hiva parcourut Huahine, attirant l’attention notamment du dieu Tane, qui tenta de la séduire. Averti de l’arrivée d’une très belle jeune femme sur l’île. Le chef du district de Maeva fit emmener à lui Hotu Hiva et l’apousa. Il comprit vite qu’elle en aimait un autre. Par dépit, il la livra chaque soir à un homme diffèrent.
Un jour Teaonuimaruia la reconnut et tua le chef du district de Maeva. Les amoureux étant enfin réunit ils purent se marier et leur union scella l’unification de l’île et inaugura la dynastie de Te pa’uihauroa. Ils eurent quatre fils. Puis Teaonuimaruia décèda et Hotu-Hiva épousa alors un chef de l’île de Matahiva (Mataiva) et mit au monde quatre autres fils. Ces huit garçons partagèrent l’île de Huahine en huit districts sur lesquels ils régnèrent.
Dans la continuité du motu Maeva, se trouve le jardin de corail et l’ancien Sofitel. La météo ne nous permit cependant pas d’en profiter.
A cause de quelques déboires avec notre réservation de scooter, notre tour de l’île a été décalé et nous n’avons pas pu visiter le musée du coquillage dont on nous avait vanté les mérites.
De la même manière notre tour de l’île a été quelque peu gâché la pluie. On recommande cependant de le faire puisque même sous des trombes d’eau on s’est dit que ce devait être vraiment très beau ! Notamment le belvédère !
Huahine est aussi constituée de Huahine Nui et Huahine Iti, reliées par un Isthme. La légende raconte même que c’est la pirogue du dieu Hiro qui transpercé l’île, la séparant en deux. En pleine navigation vers Huahine, Hiro demanda a ses frères, pendant qu’il allait se reposer de bien surveiller l’horizon. Ces derniers ne tinrent pas compte de ses recommandations et la pirogue vogua à travers l’île la coupant en deux. A son réveil, Hiro constate que l’île a été coupée en deux tandis que la pirogue continue sa traversée. Hiro perd la pagaie de sa pirogue. Il tente alors d’arrêter la pirogue en jetant son hameçon sur l’île.

Quelques adresses :
Pour loger : chez Flora sans aucun doute
Pour boire un verre : le Huahine yacht club, au coucher du soleil en happy hour
Pour manger : les roulottes à Fare avec vue sur les raies

Pour louer le scooter : Evelyne location (nous avons dû passer par Europcar (qu’on ne recommande pas plus que cela) à cause de notre petit problème, mais il faut penser à réserver à l’avance, l’offre est limitée)
Le dimanche, chez Tara, il faut arriver un peu avant 11h si on veut pouvoir assister à l’ouverture du four Polynésien. Le four Polynésien est quelque chose à voir, et chez Tara propose ensuite un buffet à volonté. On a aimé voir le four traditionnel, mais on n’a pas beaucoup apprécié la nourriture servie, pour être honnête, c’était relativement cher (4 000 FCP par personne) et pas forcément à la hauteur du prix payé.

























































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