De Samarcande à Tachkent
- CitoyensDuMondeEM

- 6 juin 2022
- 6 min de lecture

Samarcande
Samarcande, la perle de l’Orient, la merveille de la route de la soie, le trésor de l’Ouzbékistan. Plus grand de Khiva et Boukhara, ses monuments sont davantage disséminés. La ville est aussi plus verte que les autres. On s’y promène avec joie.
Tamerlan a fait de Samarcande sa capitale, ramenant de chaque campagne les meilleurs architectes, les meilleurs artisans, concentrant dans cette ville à mi-distance entre la Chine et l’Europe, des merveilles incroyables.
Tout ici rappelle Tamerlan et son immense empire. Héros pour les Ouzbeks, malédiction pour ses 17 millions de victimes.
Tamerlan repose dans un mausolée, dit le mausolée Gour-Emir. Il souhaitait reposer dans sa ville natale de Chakhrisabz, sa ville natale, mais son épouse favorite Bibi Kanoun, d’origine chinoise décida de le faire reposer à Samarcande contrairement à ses volontés. Le mausolée est vraiment impressionnant. Avec son dome cannelé avec 64 nervures (correspondant à l’âge du prophète). A l’intérieur le dôme est couvert de feuille d’or. Tamerlan repose la avec deux de ses fils, son petit-fils Ouloug Beg et son deuxième maître spirituel. Sur le cercueil de Tamerlan il est écrit « le jour où je reverrai la lumière, le monde tremblera ». Les soviétique décide d’exhumer son corps pour mener des recherches historiques. Cette exhumation a lieu le 22 juin 1941 par Guerassimov. Dans la nuit, Hitler lance l’opération Barberousse contre l’URSS, c’est le début de la guerre entre l’Allemagne et l’URSS. Et dans la semaine qui suivit le nouvel enterrement de Tamerlan, l’armistice fut signée.
Le Reghistan
La place de Samarcande, la perle, la merveille. On reste ébahis quelques minutes. On repasse tous les soirs pour la voir illuminée. Bref on ne se lasse pas du spectacle.
La place est bordée par 3 medersas.
La première, à gauche face à la place : la médersa d’Ouloug Beg. On retrouve sur le fronton le symbole étoilé du sage. On trouve beaucoup d’éléments sur l’astronomie, son cadran solaire.
Malheureusement son globe et son livre appartiennent à une collection privée en Angleterre et l’Ouzbékistan ne parvient pas à les récupérer.
A droite la médersa chir dor, construite entre 1619 et 1636. On trouve le célèbre symbole du Lion courant après une gazelle. Dans le lion on voit un visage humain.
Le lion représente les étudiants, le visage leur professeur et la gazelle la connaissance. A l’intérieur de la Médersa on peut voir une démonstration d’instruments de musique.
Au fond : la médersa Tilia Kari
Construite entre 1646 et 1660. La cour intérieure est particulièrement agréable, le vent circule, rafraichissant le voyageur malgré la chaleur ambiante. On trouve également à l’intérieur une mosquée et des artisans qui peignent à l’aiguille.
Un peu plus loin :
La Mosquée Bibi Khanoun
Bibi Khanoun était une princesse chinoise, l’une des épouses de Tamerlan, sa favorite. Elle connaissait le souhait de Tamerlan de construire la plus grande mosquée qui soit. C’est Bibi Khanoun qui se chargea de l’exécution des travaux. Aujourd’hui il ne reste malheureusement rien des colonnes de marbres, mais on reste ébahis par la hauteur du monument et par les couleurs flamboyantes que l’on retrouve toujours. Face à la mosquée on trouve le mausolée de Bibi Khanoun.
La légende veut que l’architecte de la mosquée était tombé amoureux de Bibi Khanoun et retardait exprès les travaux. Bibi Khanoun lui demandait donc instamment de finir les travaux pour le retour de Tamerlan mais celui-ci désirait un baiser pour finir lesdits travaux. Bibi Khanoun finit par céder et concéder un baiser sur la joue. Le baiser laissa une marque sur la joue et Tamerlan fut furieux lorsqu’il le découvrit. Il jeta l’architecte du haut du minaret mais celui-ci fut doté d’ailes qui lui permirent de s’envoler vers la Mecque. Depuis Tamerlan imposait aux femmes de se couvrir le visage en l’absence de leur mari pour ne pas susciter le désir d’autres hommes.
Cherefeddin Ali Yazdi, l’historien de la cour l’a décrite en ces termes : «sa coupole serait unique si le ciel n'était pas sa réplique, il en serait de même pour son arc si la Voie lactée n'était pas son fidèle reflet ».
Juste à côté de la Mosquée, se trouve le bazar ; L’immense bazar. On trouve absolument de tout. Epices, fruits secs, viandes qui sèche en plein soleil (ça endurcit l’estomac), fromage stocké dans les mêmes conditions, pain, vêtements etc.
Fermé le lundi.

Sur une deuxième journée nous visitons 3 autres monuments
Nécropole roi-vivant ou Chah i Zinda
Un site magnifique et sacré. Parait-il qu’il faut compter les marches à la montée et à la descente, si le chiffre diffère, les potes du paradis ne s’ouvriront pas.
Une petite allée dessert plusieurs mausolée, destinées, aux sœurs et nièces de Tamerlan ; Chaque mausolée a sa spécificité et son charme. Une épouse de Tamerlan est également enterrée là. Sur la tombe de la nièce de Tamerlan est inscrit « une perle précieuse a été perdue ici »
Tout au fond on trouve la sépulture du cousin du prophète. Ce qui fait de ce lieu un lieu particulièrement sacré.
Une peu plus loin se trouve le musée historique D’Afrasiab et la tombe de Daniel. Un sarcophage géant de 18mètres. Parait-il que les os grandissaient, et que Tamerlan qui avait ramené les os de Père décida de faire un cercueil de 18 mètres histoire d’être sûr que ça ne dépasserait pas.
Enfin l’observatoire d’Ouloug Beg, en haut d’une colline se dressait l’observatoire d’Ouloug Beg. Aujourd’hui il ne reste que les fondations et un sextant en marbre, qui permettait grâce à la lumière de calculer l’emplacement des étoiles, la durée de l’année etc. Un petit musée se trouve a côté et retrace les éléments de l’astronomie et du prince astronome.
Ouloug Beg était un grand savant qui parvint à calculer de manière très précise notamment la durée de l’année (voir l’Ouzbékistan en un mot). On a été très impressionnés par ses recherches.
Ou dormir à Samarcande ? Reghiston saroy est très bien et parfaitement situé
Ou manger : Tchaikana à côté de la mosquée Bibi Khanoun.
Chakhrisabz
Ville natale de Tamerlan située à une heure de Samarcande. Nous nous y rendons en voiture, en traversant des montagnes (où l’on mange de l’excellente viande tandori et n’allait pas leur dire que c’est une spécialité indienne).
Chakhrisabz signifie ville verte, située dans une cuvette l’eau tombe beaucoup plus qu’ailleurs. Tamerlan renonça a en faire sa capitale, Samarcande étant bien mieux située.
La ville est surtout connue pour son palais blanc, incroyable construction dont il ne reste plus rien et érigé en l’honneur de la mère de Tamerlan. Les mosaïques ont été restaurées grâce au département de la Dordogne ;
Le palais fut malheureusement détruit, en grande partie par l’orgueil d’autres souverains qui voulaient détenir les plus belles constructions, quitte à détruire celles qui pouvaient leur faire de l’ombre.
On se promène dans le grand parc derrière le palais blanc, très vert et agréable. Ici on trouve une autre statue de Tamerlan.
Un peu plus loin on trouve la Mosquée Kok Goumbaz, construite par Ouloug Beg au nom de son père, avec son magnifique dôme bleu. En face de la mosquée se trouvent plusieurs mausolées dont celui du premier maître spirituel de Tamerlan.
Enfin le mausolée Dorous Siadat, mausolée des deux fils de Tamerlan, dont le fils ainé, Jehangir qui mourut à 22 ans en campagne militaire d’une chute de cheval. Autour se trouvent des arbres plantés par Tamerlan et vieux de 800 ans. On reconnait de dôme en forme conique comme à Boukhara pour le mausolée de St Job. L’un des autres fils de Tamerlan est enterré un peu plus loin. Enfin on trouve la crypte de Tamerlan. Découverte par hasard lorsqu’une personne qui se promenait par là est tombée dessus (littéralement). Le tombeau attend Tamerlan qui repose cependant à Gour Emir à Samarcande
Tachkent
Comment aller à Tachkent ? en train ! Le TGV est rapide (2h20) à l’heure (même quand on est dedans) et en plus on nous sert une petite collation. En revanche pas facile de suivre la logique pour arriver sur le bon quai.
Tachkent n’a pas un charme irrésistible, mais c’est un arrêt incontournable.
A voir :
Le métro : le premier d’Asie Centrale, frais, propre, avec un thème par station, plutôt sympa !
Le théâtre Navoi
Le musée des arts d’Ouzbékistan qui retrace tous les artisanats locaux.
La nécropole Cheick Antaour, avec le mausolée en tant que tel, une mosquée moderne et le musée du Coran.
Il y a une médersa pas très loin, mais elle est encore en activité et on ne peut pas la visiter ;
Et enfin le Bazar, gigantesque et vraiment impressionnant, j’avoue que toutes les odeurs ont fini par me rendre malade et je n’ai même pas pu profiter du dernier plov…
Encore une fois on voit les épices, les fruits secs, la viande (c’est la que mon estomac a commencé à se soulever) le fromage, les vêtements, l’artisanat et la cantine du bazar (ça, ça m’a achevée).
On profite des jolis parcs de la ville pour chercher un peu de fraîcheur
Ou manger ? Au centre du plov !
Ou dormir ? Art Eco.















































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