Angkor, la perle du Cambodge, la magie d’une civilisation. Le Tonlé Sap en toile de fond
- CitoyensDuMondeEM

- 21 sept. 2022
- 8 min de lecture
Qui n’a jamais entendu parler d’Angkor ? ces temples découverts au milieu de la jungle ? Ces temples qui témoignent de l’existence d’une civilisation disparue, dont on ne connait que peu de choses. Angkor semble résister à tout, même aux Khmers rouges, les siècles, la jungle, la folie des hommes rien n’a entamé son charme. Ce lieu accueille près de 3 millions de touristes par an, causant de grands dommages au site cependant. L’avantage de la visite post-covid, c’est qu’il n’y avait pas un chat.

Comment y aller ?
La ville qui permet de visiter les temples est Siem Reap. En bus, nous venions des 4 000 îles, j’ai déjà raconté notre trajet chaotique que je ne recommande pas ;
Ou loger ?
Notre guesthouse Happy Haeng Hong Guesthouse était très correcte.
Où manger ?
Notre premier petit restaurant ___ était très agréable, le service attentionné et délicat. Après près de trois semaines au Laos ça nous a fait un choc ! On est même venus nous demander si la musique n’était pas trop forte. Alors que pendant 3 semaines les micros étaient réglés à fond et beuglaient dans nos oreilles au point d’en déformer une musique qui aurait pu être jolie.
Bref ça nous a fait beaucoup de bien.
Mais notre coup de cœur en termes de restaurant cela a été Ramchong. Excellent !
Enfin petite délicatesse du soir, recommandée, par l’experte en la matière, j’ai nommé ma belle-sœur : un glacier hors catégorie tellement c’était bon : « gelato lab ». Les sorbets sont extraordinaires (mandarine et mangue) et la glace au chocolat poivre de Kampot était exceptionnelle !
Comment visiter ?
On peut soit prendre un tuk tuk pour la journée mais c’est assez cher, soit louer un scooter pour les quelques jours. On a opté pour cette option. L’hôtel nous a aidé à louer le scooter, on en a eu pour 10€ par jour pour 3 jours. Chose exceptionnelle, le scooter nous a été donné avec le plein !
Pour les billets : il y a le billet 1 jours à 37$. Au moment où nous y étions ce billet donnait lieu a une journée supplémentaire gratuite, soit 2 jours pour 37$. Ces deux journées sont utilisables dans la semaine qui suit l’achat. Autrement dit pas besoin que ce soit deux journées consécutives. Ceci permet de gérer en fonction de la météo.
Sinon il y a le billet 3 jours à 65$.
Prévoir beaucoup beaucoup d’eau, de quoi s’abriter du soleil (casquette, crème solaire) et de la pluie (oui on a eu les deux cas de figure).
Prévoir également des chaussures de marche, il parait qu’il y a plein de petites bêtes style serpent ou scorpion…
Autre conseil : ne pas sortir des sentiers battus, les temples eux-mêmes ont été déminés mais à proximité des temples on n’est pas sûrs que l’ensemble des mines ait été annihilé.
On peut également prendre un guide, mais c’est environ 30$ la journée et faut voir sur qui on tombe…
Un peu d’histoire
Un site de 402km² est classé par l’UNESCO mais la ville d’Angkor, à l’époque se serait étendue sur près de 3 000km² avec près d’un million d’habitants, soit la plus grande ville du monde à l’époque.
En 889 le Yasovarman I fonde sa capitale, qui sera appelée Angkor (mot cambodgien pour « capitale »). L’emplacement est stratégique, près du Tonlé Sap (ce lac immense sur lequel on reviendra), près de colline qui en assure la défense, et des plateaux fertiles pour l’agriculture. La religion de l’époque est l’hindouisme, et les collines semblent rappeler le mont Meru, le mont des dieux dans la religion hindoue. Presque tous les successeurs de Yasovarman continueront a étendre Angkor, ne changeant jamais la capitale de leur royaume. Au fur et à mesure que la population croit, des retenues d’eau (Mebon oriental et occidental) sont mis en place, et un ingénieux système d’irrigation permet l’alimentation en eau de cette immense ville.
De grands rois batisseurs se succèdent : Jayavarman V qui laisse le trône, en l’absence d’enfants à Suryavarman 1, qui lui ne construit pas de nouveaux temples, malgré cinq décennies au pouvoir. Son règne permet cependant la prospérité du royaume ;
En 1113 Suryavarman II prend le pouvoir et conquiert de nombreux territoires supplémentaires, luttant contre les chams (ethnie malaise musulmane que l’on retrouve aussi au Vietnam) et les Vietnamiens. Il fonde Angkor Vat, la perle. Un temple montagne dont les 5 tours sont particulièrement célèbres.
En 1181 c’est Jayavarman VII qui arrive sur le trône après une guerre de succession. Ce dernier avait réussi à mettre en déroute les chams qui avaient réussi à s’introduire jusque dans Angkor. Le roi, vainqueur, souhaitera à tout prix défendre sa capitale et invoquera la protection des dieux pour cela bâtissant un nombre record de nouveaux temples. Jayavarman VII était bouddhiste contrairement aux rois qui avaient pu le précéder. Il fonda notamment Angkor Thom, la ville d’Angkor, encerclé de murailles où l’on retrouve de magnifiques vestiges qui ont survécut au temps.
Les seuls éléments que l’on ait de la vie à Angkor, viennent d’un dignitaire chinois qui y aurait vécu pendant un an en 1296 et qui tenait un journal : Tcheou Ta Kouan.
Pourtant vers 1430 la capitale est abandonnée par les Khmers. On ignore beaucoup de choses sur la civilisation qui vécut à Angkor et sur la chute de la capitale. Il semblerait que plusieurs facteurs en soient pourtant à l’origine : les pillages siamois, les grandes constructions qui auraient vidé les caisses de l’état, la conversion au bouddhisme des rois qui aurait peut-être moins été acceptée par la population, la déforestation, la surpopulation et une perte de savoir-faire dans la gestion du complexe système d’irrigation sur lequel reposait la ville.
Tous ces facteurs combinés font que la civilisation d’Angkor s’est peu à peu éteinte et que la fabuleuse cité a été rendue à la jungle, bientôt envahie, par les lianes, les arbres, les tigres et les chauves-souris.
Au XIX° siècle, Henri Mouhot, le célèbre botaniste découvre Angkor au milieu de la jungle et le fait connaître aux occidentaux. Angkor devient le symbole de la puissance coloniale française en Asie. Et ma conservation du site est lancée.
De nombreux conservateurs y dédient leur vie : Henri Parmentier, Henri Marchal qui y reste malgré la guerre au Vietnam et les Grosliers Georges (le père, qui meurt torturé par les japonais en 1945) et Bernard-Philippe (le fils, qui défend Angkor jusque dans la guerre civile,, mais finit par être chassé par les Khmers rouges).
Angkor est le seul monument à peu près épargné par les Khmers rouges (bien qu’ils aient décapité pas mal de Bouddhas) malheureusement d’autres ne se sont pas privés pour piller les lieux (même André Malraux notre ancien ministre de la culture !!). De nombreux bas-reliefs, statue ou autres sont vendus, jusqu’à ce qu’une coopération internationale prenne le taureau par les cornes et lutte contre la destruction des lieux, patrimoine de l’humanité, devant appartenir à toute l’humanité et pas uniquement à quelques collectionneurs privés. Ce qui a plutôt bien fonctionné.
Que voir ?
La magie incarnée. Enfin Mathieu vous dira que ce ne sont que de vieilles pierres (désespérant ce garçon parfois, heureusement qu’il y avait la glace en fin de journée pour le faire tenir).
Il y a la petite et la grande boucle.
Commençons par la petite :
Le temple principal : Angkor Vat.
C’est le temple principal, le plus connu, on le trouve sur le drapeau et sur les étiquettes de bières. C’est un symbole, un monument. Il est entouré de douves et de grandes murailles. Une fois à l’intérieur on découvre ses 5 tours célèbres.
Devant le bassin à droit face au temple on admire la vue, également au lever du soleil. Malheureusement nous n’aurons pas eu la chance d’y voir les magnifiques couleurs, la météo n’étant pas avec nous. Mais on a pu le voir se découvrir progressivement, sortir de l’ombre de la nuit et s’imposer dans toute sa majesté. Ne pas voir les couleurs enchanteresses de l’aurore, est un grand regret pour moi et je n’ai pu retenir mes larmes. Malgré tout, je sais la chance que nous avons d’être ici, et la déception passe peu à peu. Il s’est mis à pleuvoir juste après que l’on ait composté notre billet pour le deuxième jour, donc plus de demi-tour possible, et le téléphone de Mathieu a beaucoup souffert de la pluie.
Bref, après cela, on se perd dans les dédales de couloirs, de petites chapelles, on monte progressivement les différents étages jusqu’à avoir une vue panoramique. On admire les bas-reliefs, délicates sculptures qui reflètent des événements historiques (la lutte contre les chams), des scènes de la vie quotidienne, ou des événements mythologiques : le barattage de la mer de lait.
Le temple montagne est dédié à Vishnou et sa construction a débuté presque en même temps que celle de Notre-Dame de Paris.
Angkor Thom
La ville d’Angkor, on y entre par un pont gardé par, d’une part des statues impressionnantes et d’autre part des portes qui signalent l’entrée de ce lieu mystique.
On voit d’abord le Bayon, temple aux 37 tours à visages (il y en aurait eu jusqu’à 57). 4 visages à chaque point cardinal veillent impassible sur ce dédale de pierres. Les montées vers le sommet sont rudes, les marches abruptes pour atteindre ses 43m de hauteur. Le temple est un mystère, aujourd’hui encore. Un mélange des différentes religions qui se sont succédées ici, Brahma, Shiva, Bouddha. Là aussi on trouve de magnifiques bas-reliefs.
A quelques dizaines de mètres le Baphuon. Caché dans la jungle, cette pyramide à plusieurs étages recèle aussi des merveilles qui ont traversé les âges. Encore un dédié au culte du Lingam (le fameux phallus de Shiva)
La terrasse des éléphants et la terrasse du roi lépreux avec ses sculptures.
En dehors d’Angkor Thom on trouve Thommanon, Ta Keo, Banteay Kdei et Ta Phrom. On a beaucoup aimé ce dernier, où l’on trouve des temples davantage en ruine avec des racines de fromager et de Banyan qui semblent s’imposer partout, symbole d’une nature qui reprend toujours ses droits. On y a trouvé beaucoup de charme surtout avec les couleurs chatoyantes d’un soleil couchant. C’est d’ailleurs là que furent tournées certaines scènes de Tomb Raider (ça y est Mathieu s’intéresse de nouveau aux lieux).
Le Grand circuit
Il repasse par Angkor Vat et Angkor Thom puis continue vers Preah Khan et Neak Pean (au milieu des réservoirs d’eau), puis Ta Som où l’on retrouve le charme romantique de Ta Phrom (très instagrammable au demeurant). Mais bon avant que ça ne Ta Som Mathieu on essaye d’accélérer la visite, (est-ce que je suis fière de tous mes jeux de mots, non pas vraiment mais bon j’assume). On continue vers le Mébon oriental et Pré Rup. Les couleurs ont changé, faisant place à un ocre plus coloré.
En dehors du circuit on décerne une mention spéciale à Banteay Srei, un vrai coup de cœur, magnifique, avec des gravures superbement travaillées, beaucoup d’émotion.
On a aussi fait Banteay Samre, un peu moins impressionnant.
Il y en a encore beaucoup d’autres mais on ne les a pas tous fait, c’est impossible ou alors même moi j’aurais fait une overdose.
Bref Angkor est à voir, c’est une perle, une douce merveille mais il faut trouver un moyen de concilier découverte culturelle universelle et protection de notre patrimoine avant qu’il ne soit trop tard.
Dans les environs de Siem Reap.
Nous avons poussé jusqu’au Tonle Sap, un lac impressionnant qui sert de véritable poumon au Cambodge. C’est le plus grand lac d’Asie du Sud-Est. IL multiplie par 4 sa surface et par 10 sa profondeur au moment de la saison des pluies grâce à un système de vases communicants. Le Tonlé Sap absorbe les volumes d’eau du Mékong que l’Océan ne peut plus contenir, inversant le sens du courant. A la saison sèche c’est l’inverse qui se produit. Ces courants permettent de fertiliser les terres et la pêche y est intensive (trop intensive) alimentant 80% des besoins en protéines du pays. Malheureusement, comme toujours, cet écosystème est extrêmement menacé.
On trouve sur les bords du Tonlé Sap des villages flottants, maisons, écoles, églises tout se passe sur l’eau.
Plusieurs villages se visitent : le plus connu est Kampong Phluk, apparemment une usine à touristes. Nous avons choisi Kampong Khleang, un peu plus loin de Siem Reap mais moins visité. On y est allé en Scooter, l’entrée au Village est de 3$ chacun, si on ajoute un tour de bateau le prix monte à 13$ (après négociation).
Le village en lui-même pourrait être joli, les maisons perchées sur ces grands pilotis qui anticipent les crues du lac. Malheureusement, comme souvent en Asie, c’est extrêmement sale. Les détritus sont partout, gâchant totalement le charme de la vie sur place

















































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