Une semaine dans le Nord de l’Inde : Delhi, Agra, Varanasi
- CitoyensDuMondeEM

- 4 nov. 2022
- 9 min de lecture
Nous n’avions pas l’intention de passer beaucoup de temps en Inde, je ne considérais pas l’Inde comme l’un des pays du tour du monde. Et je pense heureusement. On peut dire de prime abord que nous n’avons pas aimé l’Inde. Peut-être notre première impression que nous n’avons pas réussi à surmonter.

Nous n’avons pas aimé l’agitation perpétuelle, les tuk tuks qui nous frôlent, l’impossibilité de marcher dans la rue, la saleté permanente, les regards des hommes sur moi, les sollicitations permanentes. En revanche tous ceux avec qui nous avons discuté ont été adorables, vraiment très gentils. On ne pense pas que l’Inde soit un pays dangereux, mais nous ne nous sommes pas sentis en sécurité, peut-être à tort. Nous avons aimé la nourriture, le Taj Mahal évidemment. Mais l’équilibre n’y était pas. La souffrance et la misère s’y ajoutant, tout cela nous a brisé le cœur.
Dehli
Nous avons pris un vol d’Hanoï à New Delhi, le moins cher qu’on ait trouvé pour notre itinéraire et celui nous permettant de voir le Taj Mahal et de rejoindre ensuite le Népal.
Nous sommes sur un demi fuseau horaire une nouveauté.
Nous arrivons à 21h30, on passe la douane, montre la vaccination, le e-visa, le formulaire pour le COVID. Nous avons réservé un hôtel (sur booking noté 8,5) qui est dans l’aérogare pour ne pas avoir à prendre un taxi dans cette grande ville de nuit. Nous sortons de l’aéroport, nous rendons à l’adresse indiqué sur Booking. Rien. Une route. On trouve l’hôtel sur google maps à 6km de l’aéroport. On prend un taxi qui nous emmène dans une ruelle étrange, vide, qui semble peu fréquentable. Déjà on est moyen en confiance. On montre notre réservation à l’hôtelier qui nous dit que c’est à son second hôtel, son taxi nous y emmène. L’environnement se dégrade encore, le taxi tourne dans une ruelle sans éclairage, je commence à flipper, je suis presque à lui demander de s’arrêter, j’imagine déjà un gang au bout de la rue prêts à nous faire du mal. Il nous arrête devant un bâtiment. C’est l’hôtel. On rentre. L’homme prend nous informations habituelles et nous demande de payer. J’exige de voir les chambres avant. Nous montons, rien de comparable avec ce que nous avons réservé. Les draps n’ont pas dû être changés depuis des mois, ils sont plein de trous et de tâches, le mobilier est en ruine, je n’ose même pas aller dans la salle de bain. Je fais demi-tour violemment, redescend les escaliers (il est 1h du matin, Mathieu a envisagé l’espace d’un instant d’accepter la supercherie, quand il se retourne et voit ma mine déterminée il ravale sa suggestion). A la réception nous râlons, ce n’est pas ce que nous avons réservé ce n’est pas le bon endroit. L’homme m’ignore « should we expect an answer any time soon or are you going to keep ignoring us?”, un autre couple arrive il s’en occupe, Mathieu récupère la Wifi et cherche une solution dans les environs. Grab ne fonctionne pas, heureusement Uber oui. L’autre couple est aussi énervés que nous par l’arnaque flagrante dans laquelle nous sommes tombés. Ils l’expriment en Hindi, le ton monte, soudainement 8 hommes dont monsieur muscle sortent de nulle part et prennent part aux éclats de voix. Nous commandons le Uber sans attendre, Mathieu se sent en danger, moi j’ai envie de monter sur le comptoir pour leur mettre une paire de baffe. Mathieu a repéré un Ibis, au moins on connait la marque. Le uber nous emmène là. Toutes les chambres sont prises. Mathieu fait le tour de l’aérogare, rien. Il met un peu de temps, je garde les sacs en pleurant toutes les larmes de mon corps l’imaginant déjà gisant dans le fossé. Il revient. Nous passons la nuit sur les canapés du hall d’entrée, où un enfant vomit à 2cm de nos sacs. Je monte la garde pendant que Mathieu dort et récupère un peu. On a réservé à l’ibis pour la nuit suivante, on attend donc qu’ils nous donnent notre chambre. Vers midi Mathieu me pousse à essayer d’aller manger quelque chose, je me sentais tellement mal que j’ai passé la nuit à chercher des vols vers Katmandou. On tente. On part même dans la ville de Delhi, on y croise des gens très gentil, dont un monsieur qui nous emmène jusqu’à l’office du tourisme officiel plutôt que de nous faire arnaquer encore une fois en cherchant les billets de train pour Agra, on nous aide à traverser la rue aussi, les chauffeurs de taxis font même des détours pour nous arranger. L’office du tourisme nous indique un excellent restaurant Lazeez, on y mange un incroyable butter chicken. On rentre et tombe comme des masses.
Donc nous n’avons pas vraiment recommandation pour quoi que ce soit à Delhi, si ce n’est de ne pas faire comme nous.
Quelques jours après nous réalisons que l’hôtel (qui avait annulé notre réservation pour qu’on ne puisse pas laisser d’avis) a créé un compte reprenant toutes nos informations pour se laisser un avis excellent…
Agra
Ville du Taj Mahal.
Comment y aller ?
En train ou en taxi. Nous optons pour le taxi, un peu échaudés par notre première expérience indienne. Nous décidons donc d’y aller progressivement dans l’immersion totale. Cela nous coute 3 600 roupies (1€ = 80 roupies).
Où dormir ?
Là aussi nous avons été un peu échaudés, et on ne fait plus confiance à rien sur booking, on regarde les plus mauvais avis, les avis d’européens, les avis sur google, sur facebook, on essaye de croiser les données. Et on trouve Max Guesthouse. Propre, bien situé, et surtout très très gentil. Ce qui nous fait un bien fou ;
Où manger ?
Joney’s place était bon et les gérants très gentils, nous prêtant internet pour commander nos uber.
Comment se déplacer ?
Nous avons essayé à pied mais c’est l’enfer, impossible de marcher sans se faire bousculer, se tordre une cheville, manquer de se faire écraser par un tuk tuk, finir sourd par les klaxons., il faut éviter les déchets, les singes, les chiens errants, les crottes d’origine indéterminée, les choses que les gens balancent de leur balcon. C’est une véritable épreuve.
On opte vite pour Uber ;
Que voir ?
Les tickets sont disponibles sur (https://asi.payumoney.com/) et évite les mauvaises surprises.
Le fort rouge,
Joli bâtiment de sable rouge, avec un intérieur en marbre blanc. C’est ici que Shah Jahan finit sa vie, admirant de loin le mausolée incroyable qu’il avait bâti par amour. Il y fut enfermé par son fils qui était un peu pressé de régner.
Les jardins qui donnent sur le Taj Mahal
A l’arrière du Taj, de l’autre côté de la rivière, offrant un panorama exceptionnel sur la symétrie parfaite de l’une des sept merveilles du monde. Attention, il ne faut pas prendre les billets pour le jardin mais pour le point de vue. Sinon tout est gâché par les barbelés et on vous empêche de vous mettre parfaitement dans l’axe. C’est dommage.
Incroyable au coucher du soleil.
Entrée 300 pour les jardins 50 pour le point de vue.
Le Taj Mahal
Incroyable merveille du monde, ce mausolée blanc est un hymne à l’amour. Shah Jahan l’a fait bâtir pour que repose ici sa troisième épouse Mumtaz Mahal morte en donnant naissance à leur 14° enfant. Sa construction a duré de 1632 à 1653.
Les cheveux de Shah Jahan sont devenus blancs en une nuit suite au décès et il est presque devenu aveugle à force de pleurer ; c’est ici que reposent leur deux corps unis pour l’éternité. Le blanc immaculé tranche avec tout ce qu’on a pu voir depuis notre arrivée.
Entrée 1200 roupies à prendre sur le site mentionné ci-dessus. On prend un ticket soit pour le matin soit pour l’après-midi, la présence sur place est limitée à 3h.
On ne peut rien faire entrer sur le site, ni nourriture, ni livre religieux, notre lampe torche a été confisquée le temps de la visite.
La fouille est scrupuleuse.
On décide de s’y rendre pour le lever du soleil. Nous passons les portes et voyons… du brouillard. On ne distingue même pas l’édifice pourtant imposant.
On traverse les jardins et on décide de faire l’intérieur du mausolée en attendant que le brouillard se lève. L’intérieur est aussi majestueux que l’extérieur, la symétrie y est parfaite. Au cœur du mausolée reposent les deux tombes, le tout protégé par un mur de marbre finement sculpté et ciselé. C’est délicat, élégant, émouvant.
Nous ressortons et nous posons au pied de l’un des 4 minarets. Ces derniers sont purement décoratifs, mais ils sont conçus pour tomber loin du Taj Mahal en cas de tremblement de terre. Rien ne doit troubler le repos éternel de Mumtaz Mahal.
La brume se dissipe peu à peu et nous admirons la beauté des lieux via les différentes fenêtres, les différents axes, depuis la mosquée notamment, admirant la symétrie toujours parfaite.
On reste plus longtemps, jusqu’à apercevoir un bout de ciel bleu. Le blanc semble encore plus brillant, presqu’éblouissant.
On quitte les lieux. L’endroit est magique mais nous ne l’avons pas apprécié à sa juste valeur tant nous éprouvons des difficultés à apprécier quoi que ce soit ici.
Varanasi
Comment y aller ?
Le mieux parait-il c’est le train. Réserver un train est une épreuve de force. IL y a 13h de trajet, et seuls les trains de nuit sont accessibles. Apparemment il faut réserver un mois à l’avance, mais la veille les « Thaktal » ouvrent. Comprenez les urgences. Le mieux pour réserver par soi-même c’est l’application Ixigo. Il y a plusieurs classes. Pour les couchettes 1st AC, la meilleure classe, deux personnes par compartiment, ferme à clé. 2AC, 6 par compartiment avec rideaux, 3AC 8 par compartiments sans rideaux.
Pour les places assises il y a les CC (bonnes classes) et les sleeper classes, n’importe qui monte, les wagons sont bondés. Les gens montent et descendent en marche, les gens traversent les voies. C’est une expérience.
Attention aussi, il y a une Waiting list, souvent les places sont attribuées alors qu’elles sont déjà réservées et vous êtes alors sur la liste d’attente, votre siège dépend donc des annulations des sièges vraiment attribués. Mais si vous ne parvenez pas à avoir votre siège, vous ne recevrez un remboursement que de 50%
Nous n’avons plus que des places en 3rd AC. On attend donc le train (attention bien connaitre son numéro de train car plusieurs trains s’arrêtent sur le même quai). On n’est pas très à l’aise, très sur la défensive. On croise un couple d’européens, on leur sourit. Ils reviennent nous voir (ils nous avoueront après que quand ils ont vu nos têtes ils ont compris qu’on avait besoin de parler et d’être rassurés). On discute, ils nous rassurent ils ont déjà pris le train c’est pas mal. Vicky vient même nous voir dans notre compartiment pour s’assurer que l’on va bien, ils nous aideront ensuite à prendre un Uber pour retourner à l’hôtel et à réserver par nous-mêmes notre train pour aller au Népal. Vicky Y Jorge muchisimas gracias por todo lo que habeis hecho, fue una ayuda inestimable, os quedo en mi corazon con mucha gratitud.
Nous nous installons donc dans le wagon bondé, trois lits les uns sur les autres, il n’y a aucun touriste, nous sommes deux filles. Un homme nous aide à installer le lit puis va me chercher des draps et une couverture propres. Merci à lui. Et là… on entend régulièrement des bruits de pets et de rots, la fille (la seule autre fille du wagon) lâche régulièrement des rots gutturaux. Même si je voulais je ne saurais pas faire ça. Mathieu qui la trouvait vraiment jolie quelques minutes auparavant, ne pense même plus à la regarder.
Vers 7h du matin on nous prévient qu’on est arrivés ;
On sort. La gare est blindée, tout le monde dort à même le sol et on ne sait même pas si les gens sont encore vivants. En sortant une dizaine de chauffeurs de taxi se jettent sur nous, ils sont beaucoup beaucoup trop près. On réserve grâce à Vicky le Uber et on fonce à la guesthouse.
A voir ?
On a essayé. Je vous assure on a essayé. Mais on n’a pas réussi à visiter la ville. On est allés voir le Gange. Les enfants s’y baignaient au milieu des immondices. On a essayé d’aller voir les temples mais marcher dans la rue était un calvaire.
On s’est posé au restaurant avec nos nouveaux amis et on est rentrés à l’hôtel avec une volonté : rejoindre le Népal.
Vicky et Jorge sont allés voir la cérémonie qui a lieu tous les jours et on en a beaucoup parlé quand on s’est retrouvés par hasard dans le même hôtel à Lumbini.
Varanasi est une ville sainte, le lieu où si vous êtes incinérés là vous avez plus de chance de vous réincarner en quelque chose de mieux, ou même d’atteindre le paradis directement.
Dans 5 cas, les corps ne sont pas incinérés : les femmes enceintes, les enfants de moins de 11 ans, les hommes saints, ceux qui sont morts par morsure de cobra (animal saint) et les lépreux. Dans ces cas-là, les corps sont jetés directement dans le Gange puisqu’il ne se réincarneront qu’en quelque chose de mieux. Dans les autres cas l’incinération a lieu sur les bords du Gange, les cendres se dispersent dans l’air et retombe sur les familles qui assistent à la cérémonie. Il est interdit de pleurer car Shiva regarde. Une partie des cendres est jetée dans le Gange, le reste rejoint un monticule où les chiens se disputent les parties non brûlées. Les corps affluent de toute l’Inde, 300 sont incinérés chaque jour. De l’autre côté les intouchables qui n’ont pas les moyens brûlent comme ils peuvent les cadavres de leur proches et les jettent à moitié calcinés dans le fleuve saint. Du coup on n’a pas trop regretté de ne pas avoir vu.
Voilà, une chose est certaine on était content de quitter le pays. Je suis sûre que l’Inde recèle de grandes merveilles, et il parait que le Sud est merveilleux. Mais nous on n’a pas supporté. Un choc peut-être trop violent, trop intense. Notre itinéraire n’était peut-être pas le bon. Chacun est libre de se faire son opinion.





























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