Les saveurs himalayennes
- CitoyensDuMondeEM

- 5 mars 2023
- 5 min de lecture
Le Népal ! A première vue, on n’y vient pas pour sa nourriture mais plutôt pour ses belles montagnes, ses treks de renommées mondiales et ses habitants.
Je vais vous démontrer que cet a priori est à changer définitivement.
Par où commencer ? Tout d’abord, il faut savoir que le Népal se retrouve coincé entre 2 très grand « frères » au gros appétit (au sens propre et figuré): la Chine et l’Inde. Il ne va pas sans dire que l’influence de ces 2 pays sur la gastronomie est bien visible. Néanmoins, le Népal a su conserver une identité culinaire qui lui est propre.
La spécialité phare de l’apéro, ce sont les momos. Un genre de dumpling à la forme de ravioles (un peu comme des bouchons réunionnais) avec à l’intérieur un mélange de type farce qui peut être cuit à la vapeur, frit dans de l’huile où un mix des 2 moyens de cuissons dit « cotey » qui est cuit à la vapeur et frit dans l’huile uniquement sur une seule de ses faces. Les momos peuvent être aux légumes uniquement ou à la viande : porc ou poulet. Ils sont accompagnés d’une petite sauce cacahuètes qui s’y marrie très bien. Excellent accompagnement d’une bonne bière au moment de l’apéritif. On ne compte plus le nombre de momos commandés et dévorés avant nos repas.
Une autre spécialité en tant que plat principal est le chowmein. Hey oui, cela vous rappelle quelque chose ? La Polynésie ! On avait pu manger la même chose là-bas dans des restaurants chinois. Il s’agit de pâtes de type mines que l’on fait sauter dans un wok avec des légumes, de la viande et des sauces chinoises propre à chaque cuisinier. A la Réunion, on appellerait cela un sauté de mines et à Maurice un mines frites ! C’est très bon, très nourrissant et pas cher ! Le plat coûte entre 3 et 5 euros environ dans les villes principales du pays et un peu plus sur les chemin de treks. L’altitude a un effet inflationniste sur les prix 😊 (nourriture, chambre, douche et papier toilettes ahah). On ne peut pas se plaindre puisque les denrées alimentaires sont souvent transportées à dos d’animaux et parfois d’humain du point de départ des treks aux différents lodges.
On peut également citer le fried-rice comme son nom l’indique qui est un plat de riz sauté au wok également accompagné de légumes, de viandes (ou pas) et de sauces chinoises toujours propre à chaque cuisinier. Je vous recommande fortement ce plat le midi lors de longue journée de trek, cela permet d’arriver au bout et sans fringale.
Ces 2 plats peuvent se manger avec du piment, c’est encore meilleur. On voit ici l’influence asiatique sur ces spécialités. Ce que je n’ai pas dit, c’est que sur le plat au moment du service, on peut retrouver du fromage râpé de Nak (il s’agit de la femelle du Yak). Ce fromage est assez fort au goût mais très agréable à manger.
Passons maintenant à la spécialité du Népal : Le Dal Bhat. Alors, le Dal Bhat c’est une institution. Il s’agit du plat que mangent tous les Népalais quasiment à chaque repas (ils le mangent avec les doigts ! On s'y habitue). Il est servi dans un grand plateau et il est composé de : au centre du riz et tout autour en forme de cercle, d’un assortiment de légumes épicés (le cuisinier apporte ici aussi sa touche personnelle, ce qui rend à chaque fois ce plat unique et authentique), de la viande (très souvent du poulet) mais ce n’est pas obligatoire et même fortement non recommandé sur les treks (intoxication alimentaire étant monnaie courante et dont l’origine est souvent de la viande avariée qui a été transportée pendant plusieurs jours à l’air ambiant), de légumes frais coupés en lamelle (concombre, tomate, carotte etc…), de lentilles (cuisinés en sauce) et d’un petit craquant frit excellent. Il y a beaucoup de chose à retenir du Dal Bhat. Sa dénomination, Dal signifie lentille et Bhat veut dire riz. Ce plat est très complet, ce qui explique qu’il est l’un des plats les plus commandés sur les longs treks et tous les porteurs en mangent à chaque repas. En plus, il est servi à volonté, c’est vraiment chouette, on en redemande autant que l’on souhaite et ça croyez moi on sait le faire. A force, on n’en peut plus du Dal Bhat, après le 10ème repas sur un trek, on veut manger autre chose, on commande alors du fried rice, du chowmein et ensuite hey ben on recommence ! Une histoire sans fin ou « faim » 😊.
Une chose très importante à savoir également avant d’entamer un trek, c’est de ne pas s’aventurer à Katmandou avant le trek et manger dans des restaurants qui peuvent ou pas paraître à éviter. En effet, c’est la clé pour éviter l’intoxication alimentaire tout au long du trek. Mais ce qui est marrant ou pas, c’est que, quand tu fais 2 treks, tu fais un passage quasi obligatoire à Katmandou et tu te fais avoir ! Pour nous, cela a sans doute été un des plus mauvais choix de notre périple. On est allé visiter Bhaktapur et on a mangé dans un resto qui semblait clean et on a aussi testé leur yaourt local appelé Juju Dhau à base de lait de Nak (très bon sur le moment). Voilà vous avez compris, c’est à ce moment là que la plus grosse intoxication de notre vie est arrivée et on ne sait pas si c’est ce fameux restaurant ou le yaourt (même si Emeline en a mangé très peu). C’est ainsi qu’a commencé notre long voyage pour le camp de base de l’Everest avec plus de 4 jours sans vouloir et pouvoir rien avaler et 6 jours à ne pouvoir manger que des pizzas (au passage, elles sont très bonnes le long de la route et elles sont cuites dans une poêle, étonnant !), des burgers (ça passe toujours ça) et des frites et quelques fois un bounty pour Emeline.
Encore deux choses importantes à vous partager avant la fin de cette aventure sensorielle.
La première, il faut absolument manger en petit déjeuner ou en dessert ou n’importe quand leur apple pie. Il s’agit d’une mixure de pomme avec beaucoup beaucoup beaucoup de cannelles, le tout enrobé d’une pâte à frire et frite dans l’huile, un seul mot : une tuerie. On a adoré et ma maman aussi 😊 !
La dernière chose est sans doute de penser à manger de la soupe à l’ail tout au long du parcours pour l’acclimatation à l’altitude (conseil des locaux), je ne sais pas si c’est vrai mais nous on est arrivé au bout donc …à vous de voir.
Et encore une dernière chose, le plus important, au retour du trek (avec 6 Kg en moins), un petit italien passe toujours avec les amis rencontrés lors du trek et en plus le jour de son anniversaire.





































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