Le Nord de l’Afrique du Sud : des éléphants, des lions, des diamants et de l’histoire
- CitoyensDuMondeEM

- 7 janv. 2020
- 5 min de lecture
Dernière mise à jour : 10 janv. 2020
Ça y est le grand moment est arrivé : nous entrons au Parc Kruger pour 3 jours absolument incroyables. Nous commençons par le sud du parc : la partie la plus fréquentée, tant par les touristes que par les animaux. Beaucoup de Sudafricains passent une partie des grandes vacances (qui commencent le 16 décembre) dans le parc, il est donc très fréquenté à cette période mais c’est suffisamment grand et on se débrouille.

D’un point de vue logistique : nous avons passé 2 nuits dans le parc la première à Satara, la seconde à Olifants, les distances ne sont pas forcément très grandes mais il faut beaucoup de temps pour les couvrir, attention donc à bien respecter les horaires et à être rentré au camp avant l’heure de fermeture ! Dormir dans le parc a un avantage : pouvoir partir en morning drive avant tout le monde mais les hébergements sont très chers, on trouve donc de meilleurs prix, juste en bordure du parc et pour une qualité nettement supérieure, néanmoins on comprend aussi que c’est assez magique de se dire que l’on dort à l’intérieur du parc Kruger.
Pour trouver les hébergements le site est assez mal fait, et il faut réserver longtemps à l’avance sur le site : https://www.sanparks.org/parks/kruger/# sélectionner le camp dans le Kruger que vous voulez, Book your trip et après il faut batailler pour choisir le type d’hébergement, réserver en ligne et payer les frais journaliers d’entrée dans le parc en plus.
Une fois ces éléments logistiques dépassés, on entre donc dans le parc, on se fait fouiller la voiture (il faut savoir que beaucoup de braconnage à encore lieu et que la police sudafricaine ne plaisante vraiment pas avec cela !)
Bref nous faisons quelques kilomètres avant d’apercevoir une énorme masse, je commence à hurler « un éléphant, un éléphant !! ». Nous nous arrêtons, le photographions sous toutes les coutures, pleurons, bref un peu trop d’émotions. Je vois ensuite une masse jaune à côté et me recommence à hurler «et maintenant un lion oh pu***** », avant de réaliser qu’il s’agit d’une gazelle.
Nous voyons des dizaines et des dizaines d’éléphants, et tentons de voir tous les big five (éléphant, lion, buffle, rhinocéros et léopard). Il nous manquera le léopard.
Règle de base : si plus de 5 voitures sont arrêtées c’est un félin !
On a des étoiles plein les yeux, le spectacle est incroyable. Je suis sur un nuage.
Il ne faut JAMAIS descendre de son véhicule en dehors des zones protégées, même si une roue crève ou autre, appelez le service d’assistance.
Il y a tant de choses à voir : éléphant, buffle, hippo, rhino, phacochère (pumba!), kudu, gazelles, wild dogs, hyènes, tortues, singes, serpent (celui-là croyez-moi je n’avais pas envie le voir), zèbre, gnou, oiseaux. Et le clou du spectacle : un guépard aussi appelé cheetah. Nous voyons même un lion qui vient d’attraper un gnou.
Vous pouvez partir en morning ou sunset drive pour une vingtaine d’euros (à réserver directement dans le camp où vous séjournez). Vous pouvez aussi partir en randonnée pédestre dans le Kruger, les sudafricains n’ayant pas la même notion du terme sécurité nous passons notre tour, préparez-vous d’ailleurs à signer une décharge partout où vous irez, les exonérant de toute responsabilité si vous êtes blessé, ou si vous mourrez même à cause d’une négligence de leur part (bon juridiquement ça n’a pas grande valeur mais ça en dit long sur la philosophie).
Bref le parc Kruger restera gravé dans nos mémoires comme l’un des plus beaux moments de notre vie.
En passant le poste de sortie, la garde de sécurité devant nos visages radieux nous lance « back to reality now ». Too bad.
Pour que le retour à la réalité ne soit pas trop violent, nous faisons un arrêt à Hoedspruit pour visiter le centre des animaux en danger. On en apprend beaucoup sur ces animaux tellement menacés par les activités humaines.
Sur la route vers Jo’Burg nous nous arrêtons dans le célèbre parc du Blyde River Canyon, les paysages sont à couper le souffle : 3 roundavels, God’s Window, Bourke’s Luck Potholes, Lisbon Falls.
On en prend plein les yeux !
Dernier arrêt avant Jo’Burg : la mine de diamant de Cullinan. Là encore on en apprend beaucoup sur cette industrie qui fonde l’économie du pays. Bon je suis repartie sans diamant, même en allant directement au producteur ce n’était pas dans le budget.
Jo’Burg. Capitale économique du pays, plus grande ville du continent africain. L’une des villes les plus dangereuses aussi. Le retour à la réalité est très violent.
L’insécurité est extrêmement palpable. Ici on ne joue pas, aucun risque à prendre, même en pleine journée il vaut mieux ne pas s’arrêter au feu, selon les quartiers bien sûr. Pour se loger il vaut mieux être à Maboneng entre Fox Street et Main Street. Aucune sortie de nuit, en voiture ou pas. Nous déconseillons fortement.
A voir : le musée de l’apartheid, très émouvant et incroyablement instructif, on y passerait des jours entiers. Il y a aussi la maison de Gandhi bien sûr.
Nous avons visité Soweto. Au début, je trouvais inadmissible que l’on puisse aller visiter des townships comme s’il s’agissait de zoos humains, j’étais révoltée à cette idée. Puis on m’a dit que ce n’était pas du tout comme cela, que c’était génial, qu’il fallait vraiment y aller. Alors nous y sommes allés, au moins nous nous ferons notre propre opinion. Nous avons détesté et ne recommandons pas.
Les points positifs : nous ne nous sommes pas du tout sentis en insécurité, les gens étaient même très accueillants et bienveillants (il faut bien préciser que nous étions avec quelqu’un du township, il ne faut surtout pas y aller seul). On ressent à ce moment-là que c’est l’ignorance qui mène à la peur et que la peur peut être un élément pour tout justifier. On voit aussi la maison de Madiba et son club de boxe à Orlando.
Points négatifs : un blanc nous accueille, récolte l’argent, s’en va et nous laisse avec notre guide qui nous emmène à des endroits bien définis, on a quand même la sensation d'un voyeurisme malsain. Nous nous sommes sentis très mal ! vraiment. Je ne recommencerai pas, malgré la gentillesse des gens.
De Jo’burg nous prenons l’avion pour la Réunion pour passer les fêtes en famille et découvrir le lever du soleil au Piton des neiges (bah oui une rando ça faisait longtemps). Il est difficile pour moi de quitter ce beau pays, que je connaissais si mal et que j’ai appris à tant aimer, malgré quelques grosses frayeurs. La nation arc-en-ciel a encore tant de choses à nous prouver, tant de leçons d’humanité à nous délivrer, nous faisons la promesse de revenir, l’Afrique du Sud ne nous a pas livré tous ses secrets.

















































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