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L’Afrique du Sud : the rainbow nation

  • Photo du rédacteur: CitoyensDuMondeEM
    CitoyensDuMondeEM
  • 7 janv. 2020
  • 6 min de lecture

Dernière mise à jour : 10 janv. 2020


Que dire de l’Afrique du Sud, si ce n’est qu’il s’agirait presque d’un paradis sur terre (à condition de faire abstraction, bien sûr, de certains problèmes rencontrés par le pays).

Je suis partie travailler au Cap quelques mois avant que Mathieu ne me rejoigne et que nous partions explorer ce pays merveilleux.



Je suis partie, ne connaissant de l’Afrique du Sud que le film Invictus et l’affaire Oscar Pistorius. Bien sûr, tout le monde a cru que j’étais folle de partir dans l’un des pays les plus dangereux du monde, mais si c’était à refaire, je recommencerai tout sans rien y changer. J’ouvrirai juste les yeux un peu plus grands pour incruster dans ma rétine tout ce que j’ai pu voir là-bas.


Histoire :

L’Afrique Du Sud, a d’abord été « découverte », du moins par les européens par Bartolomeu Dias, un portugais, avant d’être utilisée comme comptoir de ravitaillement par les Pays-Bas qui y envoyèrent en 1651 Jan Van Riebeeck. Sa mission était d’y faire pousser des salades pour lutter contre le scorbut qui disséminait les équipages de la compagnie des Indes. Les échanges entre les populations locales (Khoi-Khoi) et les néerlandais (les boers) étaient relativement pacifiques. Initialement les néerlandais n’avaient pas pour projet d’étendre leur présence en Afrique du Sud. La révocation de l’Edit de Nantes (de tolérance de la religion protestante en France) par l’Edit de Fontainebleau poussa de nombreux Huguenots à fuir vers la province européenne réputée être la plus tolérante en matière de liberté de culte : les Pays-Bas. Le pays en envoya beaucoup en Afrique du Sud, et ces Huguenots commencèrent à cultiver la vigne dans les alentours de Stellenbosch. Les néerlandais calvinistes, convaincus d’être le peuple élu devant errer dans le désert avant d’arriver à la terre promise, commencèrent à s’enfoncer dans les terres, se heurtant aux populations locales (Zulu et Xhosa pour la grande majorité). Une identité était née : les Afrikaners. Ils commencèrent le Grand Trek et partirent vers Durban ou Johannesburg avec des carrioles. La Révolution française poussa l’Angleterre à envahir l’Afrique du Sud pour ne pas que les révolutionnaires qui commençaient à gagner du terrain en Europe, mettent la main sur cette contrée lointaine. Les Anglais apportèrent de grands changements, abolissant l’esclavage et entrant en conflit avec les mœurs des afrikaners, les poussant encore davantage vers l’intérieur des terres, jusqu’à l’établissement des républiques indépendantes des boers. La découverte de l’or et des diamants mit le feu aux poudres des guerres anglo-boers, et de nombreux européens émigrèrent.


A la fin de la seconde guerre des Boers l’union d’Afrique Du Sud est fondée en 1910, sous l’égide du Royaume-Uni.


En 1948, le National Party de Daniel Malan (parti afrikaner) remporte les élections, mettant en œuvre le régime de l’apartheid (« le développement séparé). Les lois de ségrégation raciales sont alors encore plus renforcées, et de nombreux déplacements de population ont lieu. La classification de la population est mise en œuvre, entre Noirs, Blancs et Coloureds. Les quartiers résidentiels (Sophiatown au Jo’Burg et District Six au Cap sont démantelés car contraires à ces lois de ségrégation raciale, jusque-là ces deux quartiers étaient des modèles de tolérance, les seuls endroits où toutes les populations de l’Afrique du Sud vivaient ensemble pacifiquement), les écoles, les hôpitaux tout est fonction de sa couleur de peau. Là encore la classification donne lieu à de gros problèmes, il n’est pas toujours « évident » de savoir à quelle classe de population tel individu appartient, des familles entières sont séparées, des tests absurdes sont mis sur pied (un stylo dans les cheveux d’une petite fille, si le stylo tombe c’est qu’elle est blanche, si le stylo reste accroché c’est qu’elle a les cheveux crêpus et donc qu’elle est noire ou coloured. L’ANC, avec Nelson Rolihlahla Mandela (appelé affectueusement et respectueusement Madiba), mène une campagne de Défiance, de désobéissance civile contre ces lois de ségrégation, sans succès. Si la lutte contre l’apartheid commence de manière pacifique elle termine dans le sang, et l’ANC prend les armes. Madiba et d’autres leader de l’ANC sont arrêtés pour Haute-Trahison, contre toute attente ils ne sont pas condamnés à mort mais emprisonnés sur l’île de Robben Island de 1964 à 1982 avant d’être transféré à la prison de Pollsmoor. En 1985, le premier ministre de l’époque Pieter Willem Botha lui propose la liberté conditionnelle en échange du renoncement à la lutte armée. Madiba refuse, considérant qu’un prisonnier ne peut pas négocier du fait de sa condition. Malgré l’abolition de certaines lois de l’apartheid (interdiction du mariage mixte par exemple), l’ANC continue de demander l’égalité, sans condition.


En 1990 Mandela est libéré par le nouveau président de l’Afrique du Sud devenue indépendante en 1961, Frederik de Klerk et les deux hommes (co-titulaires du prix Nobel de la paix) travaillent à la transition pacifique vers la Démocratie et à l’organisation d’élections où chacun pourra voter. Madiba multiplie les gestes de réconciliation afin que le pays ne s’embrase pas (inviter son geôlier à son investiture, prendre le thé avec les veuves des anciens premiers ministres afrikaners, inviter le juge qui l’avait condamné à la prison à perpétuité et le procureur qui demandait sa tête). Les élections ont lieu à la fin du mois d’avril 1994 et l’ANC en sort vainqueur.


La transition démocratique est réussie, mais il reste au pays à surmonter de nombreux problèmes, sécuritaires, économiques, de réconciliation et sanitaire.


Le Gouvernement organise sur proposition de Desmond Tutu la commission de la vérité et de la réconciliation, chacun pouvant avouer ses crimes en échange de l’amnistie. La commission dure deux ans. C’est un succès. Il faut rappeler que de nombreuses atrocités ont été commises pendant l’apartheid (le Dr. Basson notamment était l’équivalent du Dr. Mengele des camps d’extermination nazie par exemple).


Thabo Mbeki succède à Mandela en 1999 et ce jusqu’en 2008 avant que Jacob Zuma ne prenne sa suite, limogé en 2018 c’est à présent Cyril Ramaphosa qui est à la tête du pays.

J’ignorais tout de l’histoire de ce pays jusqu’à ce que je me plonge dans des livres (un arc en ciel dans la nuit de Dominique Lapierre ou a long Wald to Freedom l’autobiographie de Mandela). Il ne s’agit ici que d’un résumé parfois approximatif. L’histoire de ce pays vaut la peine d’être connue !


Question sécurité : bien sûr, on ne va pas se mentir c’est un pays dangereux, il y a des précautions d’usage à prendre. On ne sort pas de nuit, vous verrez rarement un sudafricain blanc marcher dans la rue, de jour comme de nuit, le moindre déplacement se fait en voiture, quelle que soit la distance. Pour ma part je marchais dans les rues du Cap, j’ai vu ma vie défiler devant les yeux une ou deux fois, mais bon. Il faut toujours avoir une somme d’argent en liquide à donner en cas d’agression (entre 300 et 500 rands) ne marchez pas avec plus d’argent. Avant de partir tout le monde me disait « be aware », je ne savais pas ce que cela voulait dire, on apprend vite. Il faut simplement être attentif à ce qu’il se passe autour de vous, je changeais de trottoir très régulièrement dès que je croisais « a dodgy guy ».


Il faut bien se renseigner sur les quartiers, j’avais choisi de vivre à Green Point ou Sea Point, « les quartiers les plus safe ». Pas de signe apparent de richesse, en cas d’agression, ne résistez pas, donnez tout.


On peut même griller les feux la nuit.


Les déplacements en Uber sont légions et safe.


La sécurité routière est un concept relatif.


Ne randonnez jamais seul et demandez toujours aux locaux leur opinion sur le lieu où vous vous rendez.


On a parfois l’impression que c’est de la paranoïa. Peut-être. Peut-être même que tout cela s’entretient mais comme on dit là-bas « Better safe than sorry ».


Je vivais en colocation au Cap, avec les meilleurs colocs’ qui puisse exister, et heureusement que je suis tombée sur des gens aussi formidables ! En effet, être une fille blanche, seule et sans voiture aurait pu être très compliqué, mais grâce à eux j’ai pu vivre une aventure hors du commun.


Vous apprendrez aussi que l’Afrique du Sud a une incroyable tolérance, actée dans la constitution de 1994. L’idée : tu peux vivre ta vie comme tu l’entends, tant que tu ne fais de mal à personne, tu es libre d’être qui tu es. On m’a expliqué que du fait de leur histoire, les sudafricains ont tellement souffert qu’aujourd’hui, ils ne veulent réprimer personne en raison de son mode de vie.


Fête nationale : Le Mandela’s day est célébré chaque année le 18 juillet. Chaque citoyen est appelé à consacrer 67 minutes de son temps au service d’une œuvre de charité en mémoire des 67 années passées par Madiba à lutter pour la justice, l’égalité, la réconciliation et la tolérance.


Spécialités culinaires : wine tastings, le cadre enchanteur et de bons plateaux repas, le biltong (viande séchée), la viande de Kudu, Koeksister.


Capitale : Pretoria


Langue : le pays compte 11 langues différentes !


Devise : le rand


Musique : Johnny Clegg asibonanga


Ce qu’on a aimé : les paysages, les grands espaces, la nature sauvage


Ce qu’on n’a pas aimé : l’insécurité


Héros : Madiba, Robert Subukwe, Desmond Tutu, Helen Suzman, helen Liebermann


Interesting fact : savez-vous que la première transplantation cardiaque a été réalisée en Afrique Du Sud en décembre 1967 par Christiaan Barnard.

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