Travailler un mois en Australie : mode d’emploi
- CitoyensDuMondeEM

- 26 déc. 2022
- 8 min de lecture
L’Australie, c’est beau, c’est loin mais c’est aussi très cher. Notre budget ne nous permettait pas de rester deux mois en Australie comme nous l’avons fait en ne faisant que visiter. Alors nous avons décidé de retrousser un peu nos manches et de renouer avec le monde du travail pour un mois.

Initialement nous voulions travailler en Nouvelle-Zélande avec un Permis Vacances Travail. Mais pour les français la limite d’âge pour le PVT c’est 30 ans (il faut avoir fait la demande jusqu’à la veille de ses trente ans et après on a un an pour arriver). Or avec la pandémie notre projet a été retardé de deux ans, et entre-temps Mathieu a eu 30 ans. Donc on ne pouvait plus travailler en Nouvelle-Zélande. Néanmoins en Australie la limite d’âge pour les français s’étend à 35 ans. Nous voilà donc sauvés.
La décision est prise nous travaillerons un mois et nous voyagerons un mois.
Avant le départ
Pour travailler : le plus simple est un Permis vacances-travail. Un dispositif vraiment génial (que j’avais utilisé au Canada également) qui permet de travailler et de voyager dans le pays pendant un an (en Australie il est possible de l’étendre sous certaines conditions). Evidemment on aurait préféré profiter de notre PVT plus longtemps et rester plus longtemps mais il y a des choix à faire, et on aime tellement tous les autres pays qu’on va faire que c’était la solution retenue.
Faire son PVT
Sur le site officiel du gouvernement australien on peut faire la demande de PVT ou Working Holiday Visa (WHV) https://immi.homeaffairs.gov.au/visas/getting-a-visa/visa-listing/work-holiday-417/first-working-holiday-417
Les conditions :
- Avoir entre 18 et 35 ans (pour les français sinon c’est 30)
- Avoir un passeport
- Ne pas avoir déjà utilisé un PVT en Australie
- Avoir 5000AUD de côté
C’est le PVT subclass 417
Là il suffit de répondre à quelques questions, joindre les photocopies des documents demandés, payer 510AUD et la demande est lancée. Elle est généralement traitée dans la semaine qui suit. Pour Mathieu cela avait mis quelques heures. Pour ma part cela avait mis quelques jours parce qu’ils devaient vérifier mon expérience dans la réserve.
Une fois le papier « IMMI grant » reçu pour mail vous avez un an pour entrer sur le territoire. Et à partir de l’entrée sur le territoire, vous pouvez rester un an. Sauf si vous faites les « 88 jours » dans des domaines et régions spécifiques (souvent travail de ferme) pour renouveler le PVT pour un an.
Trouver une assurance
Ensuite il faut se trouver une assurance. Car déjà c’est obligatoire et ensuite c’est nécessaire. En cas de problème les frais de santé sont vite hors de prix. A savoir que notre assurance tour du monde ne couvrait pas le PVT il fallait donc une assurance spécifique PVT. On a découpé en trois nos assurances : du 26 juillet au 26 novembre : cap aventure avec Chapka, du 27 novembre au 2 février cap Working Holiday avec chapka, puis de nouveau, cap aventure jusqu’à la fin. Attention aux périodes de recouvrement. Typiquement j’aurais dû faire commencer l’assurance PVT le 26 novembre et non le 27 car du coup pour le 26 on n’était pas couverts, et c’est évidemment le jour où j’ai cru que ma tête et mes tympans allaient exploser avec l’avion et la sinusite. On n’en menait pas large quand on s’en est rendu compte.
Administratif
Bon là on reprend tout l’administratif fait pour le tour du monde mais peut-être que ça vaut le coup de le rappeler
- Passeport, permis international et document d’assurance avec soi
- Gérer son logement
- Trousse à pharmacie
- Document contact de l’ambassade
- Forfait téléphone
- Changement d’adresse
- Billets d’avion
Ensuite il faut choisir où on souhaite travailler et par où on souhaite commencer à explorer l’Australie. C’est un choix très personnel. Nous, nous avons choisi Perth, car notre voyage était prévu sur la partie Est de l’Australie. On s’est dit que travailler à Perth serait l’occasion de découvrir un peu le Western Australia.
L’arrivée
A l’aéroport
Contrairement au Canada, on n’a pas d’entretien à l’arrivée. Je me souviens de mon état de stress à l’aéroport de Montréal quand je devais me présenter devant le douanier. De cet entretien dépendait l’obtention de mon PVT. Je devais alors présenter, les preuves de fonds à la banque, les preuves d’assurance et le document de préapprobation fait en ligne. Ensuite le PVT était accroché à mon passeport avec un joli tampon.
Là nous n’avons croisé aucun agent de l’immigration. Nous avons fait les démarches d’arrivée via un ordinateur, c’est-à-dire juste scanner le passeport. L’ordinateur nous a délivré un petit papier (A GARDER !!) et nous n’avons même pas eu de tampon dans le passeport (déception totale).
Puis nous avons passé les douanes, où ils ont vérifié le contenu de nos bagages. Attention les douanes sont très strictes. Mon conseil : n’emmenez rien en termes de nourriture, plantes etc. En revanche même les douaniers sont sympas.
Pour rejoindre la ville il y a le Transperth qui est vraiment bon marché : 5 dollars le ticket de métro pour les zones les plus éloignées.
Il y a ensuite quelques démarches administratives à réaliser le plus tôt possible.
Demander son Taxe File Number (TFN)
C’est un numéro de sécurité sociale : indispensable pour travailler. La demande est traitée en maximum 28 jours (10 pour nous). Pour ça il vous faudra une adresse australienne, car le papier est envoyé par la poste. Vous ne pouvez pas faire la demande en dehors de l’Australie. Vous pouvez commencer à travailler même sans TFN mais vous serez taxé 45% au lieu de 15%. A récupérer lors de votre déclaration d’impôts.
Demande à faire sur le site officiel de l’ATO (Australian Taxe Office) https://www.ato.gov.au/Individuals/Tax-File-Number/Apply-for-a-TFN/
Ce numéro est octroyé à vie.
Obtenir un numéro australien
Pour ouvrir un compte c’est nécessaire d’avoir un numéro de téléphone australien. Là rien de bien sorcier. Attention cependant, la couverture réseau en dehors des grandes villes est catastrophique. Seul Telstra est à peu près correct.
Ouvrir un compte bancaire
Il est évidemment nécessaire d’ouvrir un compte bancaire en Australie pour recevoir ses sous. Nous avons choisi National Australian Bank, car les frais étaient gratuits même pour les plus de 30 ans.
Nous nous sommes rendus en agence et c’était ouvert en quelques minutes. Attention comme il n’y a plus de tampon dans le passeport, il faut fournir soit sa carte d’embarquement soit le papier donné par l’ordinateur pour prouver que vous êtes entrés sur le territoire.
Autre point il faut impérativement un numéro de téléphone australien.
Attention, une fois rentré en France il ne faudra pas oublier de déclarer ces comptes à l’administration française. Lors de sa déclaration d’impôts il y a un formulaire, assez simple qui demande les numéros, la banque et la date d’ouverture. Si vous ne le faites pas, indépendamment de la somme présente sur ces comptes, une amende forfaitaire est appliquée. Et même si les comptes sont fermés il faut continuer à les déclarer.
Chercher du Travail
Maintenant on entre dans le vif du sujet. Globalement il est assez simple de trouver du travail. Mais trouver un travail intéressant c’est une autre histoire. Les secteurs de l’hospitality recrutent pas mal, et les travaux de ferme.
Pour les boulots dans la restauration et l’hôtellerie nous avons passé notre première journée à faire du porte à porte et à envoyer nos CV ensuite par mail aux adresses qui nous étaient données. Pas facile de faire ça comme ça, il faut se blinder. Peu de réponse. Mais à la fin de la journée j’avais un travail et Mathieu une touche, on lui a offert quelques jours après un emploi dans un bar pour une vingtaine d’heures par semaine. Dans la restauration le taux horaire est de 25 dollars de l’heure environ. Le lendemain je faisais donc un test, pour découvrir que dans le domaine de la restauration je préfère vraiment être du côté de l’assiette où on peut manger ce qu’il y a dedans. Non en vrai, le problème c’est que c’est du « casual work », aucun horaire garanti. Donc on a continué à chercher.
Pour le travail de ferme, il faut une voiture, et trouver les fermes qui recrutent. Là aussi on a fait du porte-à-porte. Et on a téléchargé l’application WikiFarm (6€). Tout dépend de la saison. Là aussi on a rencontré quelqu’un qui connaissait quelqu’un qui cherchait. On y est allé. Et on a trouvé du travail comme coupeurs de fleurs, environ 28 dollars de l’heure. Mais des horaires pas franchement garantis. Et on avait aussi trouvé chez Fruitico.
Enfin, Mathieu était allé dans la Swan Valley où il y a tous les vignobles parce que ça nous aurait bien plu. Et une entreprise European Food était intéressée et nous a demandé de venir travailler pour eux, en tant que préparateurs de commandes. 29 dollars de l’heure. Et environ 35 heures par semaine. On a accepté cet emploi-là, parce qu’il y avait des réductions sur le fromage qu’on emballait. Plus sérieusement, on a accepté car il y a des heures à peu près garanties et que le salaire était bien. Puis on travaillait dans un frigo à 4°, alors ce n’est peut-être pas l’idéal mais c’est mieux que travailler en plein soleil à 45° toute la journée.
Petit conseil : il n’y a pas de contrat de travail, faites vous au moins confirmer par écrit le taux horaire. Ils se sont trompés sur notre premier bulletin de paie et on était bien content d’avoir le mail qui disait clairement combien on devait être payés.
Avoir une voiture pour faire le tour des environs est vraiment important.
Il y a aussi le travail dans les mines qui fonctionne bien et est très lucratif car très difficile. Logé, nourri.
Une fois qu’on travaille
Trouver un logement
Pour nous c’était le plus dur. Il y avait une vraie crise du logement et on restait trop longtemps pour du logement vacances et pas assez pour une vraie colocation. On a eu beaucoup de chance (car le logement est très, très cher). Sur les 5 semaines à Perth, nous avons passé deux semaines en couchsurfing, 2 semaines en Airbnb (à changer chaque semaine car nous partions les Week ends et ne voulions pas payer deux logements) et 10 jours en house/pet sitting.
Voilà les idées pour se loger :
- Couchsurfing
- Woofing et HelpX
- House/pet sitting
- Flatmates
- Les groupes facebook pour trouver des colocataires.
Parfois, surtout dans les fermes on peut trouver des emplois pour lesquels le logement est fourni et ça, ça aurait été le rêve mais on n’a pas trouvé ; Peut-être plus reculé des villes.
Avoir une voiture
Quand on reste plus de 3 mois je pense que ça vaut le coup d’acheter un véhicule. C’est nécessaire ici d’avoir sa propre voiture. Nous on a loué pour un mois. Chez Zippy rental car, le moins cher qu’on ait trouvé. Pour les grands trajets pensez à la relocation (imoova). Et pour faite le plein pas cher : l’application Fuelmaps recense toutes les stations essence avec le prix. Facile pour comparer et choisir la moins cher.
Si vous faites vos courses chez Coles il y a sur le ticket de caisse un bon de réduction à utiliser chez Shell (4centimes du litre). Il y a la même chose chez Woolworth mais pour Ampol.
Déclaration de travail
Pensez bien à vous déclarer comme Working Holiday visa, l’imposition est de 15% pour les 45000 premiers dollars gagnés. Taux d‘imposition détaillé ici : https://www.ato.gov.au/rates/schedule-15---tax-table-for-working-holiday-makers/
Il y a aussi un truc de superannuation (un genre de retraite complémentaire) qui est d’à peu près 10% mais on ne sait pas exactement comment ça marche pour le débloquer ensuite. Affaire à suivre.
Déclaration d’impôts
Chaque année il faut faire sa déclaration d’impôts en Australie quand on y est. Apparemment à partir du 1ier juillet. On peut aussi faire une déclaration de sortie définitive d’Australie. On n’y est pas encore. Affaire à suivre également.
Conclusion : trouver du travail en Australie n’était pas très difficile, mais c’est vrai que le faire pour un mois était plus compliqué. Les à-côtés étaient plus délicats : voiture et logement surtout. On a eu quelques moments de panique parce que ça faisait énormément de démarches d’un coup et pour peu de temps. On s’est sentis découragés parfois. Mais au final je suis assez contente de nous et je pense qu’on s’est bien débrouillés. On a eu beaucoup de chance. On regrette un peu de ne pas rester plus longtemps. L’ambiance PVT c’est chouette. Et puis c’est la différence entre voyager et vivre dans un pays ; C’est d’y travailler, avec ses difficultés et ces beaux moments. Surtout en période de Noël quand votre entreprise vous offre des bouteilles de vins faites sur place, que vous participez au secret santa et que le repas de Noël vous permet de créer de nouveaux liens.



Commentaires