Posadas, San Ignacio les missions jésuites en Argentine et au Paraguay
- CitoyensDuMondeEM

- 7 avr. 2023
- 3 min de lecture
Les missions jésuites

Les jésuites s’installent au Brésil dès 1549, c’est-à-dire au tout début de la colonisation pour « évangéliser et civiliser les bons sauvages ». Tous les colons qui s’installent par-là ont la propriété des terres et des habitants qui s’y trouvent. L’Eglise s’en émeut et condamne le servage et l’injustice qui en découle (fait suffisamment rare pour être souligné et salué). A partir de 1609 les « indiens » sont considérés comme des hommes libres. Acquaviva, le chef des jésuites est autorisé à fonder un état autonome entre les deux fleuves : le Parana et le Paraguay. Les jésuites mettent alors en place leurs missions. La première d’entre elles voit le jour à San Ignacio Iguazu en 1609. Les jésuites se font accepter et apprécier des indiens en utilisant leurs connaissances médicales et militaires pour les protéger. Les missions vivent en autonomie au milieu de ce territoire et sont fondées sur l’égalité. Les indiens Guarani rejoignent librement ces missions. Les Guaranis se battent alors pour repousser les marchands d’esclaves portugais.
De 1700 à 1750 les missions fleurissent. Les jésuites ont appris à parler Guaranis et n’imposent rien. Les postes importants des missions sont confiés à des guaranis élus par leurs pairs. Ils parviennent malgré tout, avec le temps à supprimer la polygamie et initient de nouvelles coutumes funéraires.
Dans chaque mission on retrouve une organisation commune : l’école, l’église, le cimetière, une place où se déroule la vie commune, les maisons, les champs et les ateliers. Beaucoup d’instruments de musique y étaient construits.
La production est équitablement répartie, les veuves ne pouvant plus subvenir à leurs besoins se voient aidées par la communauté, la peine de mort est abolie et on ne travaille que 6 heures par jour au lieu des 12 habituelles. Les guaranis sont les premiers au monde à être totalement alphabétisés. Les missions connaissent aussi une vraie prospérité économique
Mais cette expérience quasi communiste réussie (là aussi malheureusement suffisamment rare pour être souligné) ne saurait durer, et jalousies économiques font suite à la tolérance qui avait été de mise. En 1759 un nouveau roi arrive sur le trône d’Espagne, marié à une portugaise, qui dit-on l’aurait manipulé dans l’intérêt de son pays d’origine qui souhaitait mettre la main sur ce territoire. Celui-ci donne alors l’ordre d’expulsion des jésuites suite à un redécoupage géographique. Les Guaranis se révoltent et un conflit éclate se soldant par la mort de nombreux guaranis. On raconte qu’en seulement une heure le conflit aurait entrainait la mort de 1300 guaranis d’un côté, contre 4 européens de l’autre. Les jésuites sont expulsés d’Argentine, du Brésil, du Paraguay et d’Espagne jusqu’au 1767, et le Pape finit par dissoudre leur ordre en 1773. Je m’abstiendrai de formuler les commentaires que tout cela m’inspire, au risque d’être encore très désagréable envers certaines institutions qui non seulement semblent peiner à appliquer ce qu’elles prêchent mais qui en plus parviennent à détruire les institutions qui, elles, semblent y parvenir, le tout sur fond d’intrigues politiques et économiques.
Comment y aller ?
En bus depuis Buenos Aires il faut compter 12h et 11 000 pesos.
Où loger ?
Nous sommes restés à Posadas. Il parait que c’est plus sympa de loger à San Ignacio mais on n’était pas trop mal à Posadas finalement.

Côté argentin
La plus connue est celle de San Ignacio, san ignacio mini. Pour y aller le bus de Posadas met une heure pour 1100 pesos aller-retour.
San Ignacio mini est l’image emblématique que l’on voit partout. La visite guidée est très intéressante (en espagnol). Les ruines sont inscrites au Patrimoine mondial de l’UNESCO. La forêt environnante est très belle. Le musée au début intéressant. On trouve aussi celles de Santa Anna et Loreto mais qui ne sont pas très facile d’accès en bus. Nous avons donc dû y renoncer. Et après deux jours, Mathieu commençait à avoir sa dose de visites culturelles.
Personnellement j’ai beaucoup aimé.




Côté Paraguay
Elles sont globalement mieux conservées. Pour y aller, on peut tenter soi-même c’est sûrement beaucoup moins cher, mais le passage de frontières est un peu compliqué. Pour le faire soi-même il faut prendre le train à Posadas jusqu’à Encarnacion passer la frontière puis prendre le bus.

Nous sommes passés par une agence Tierra Colorada, qui nous a pris (quand même 56$ chacun repas compris).
Nous avons commencé par visiter Trinidad qui date de 1712, la sacristie et les ruines de la cathédrale et de la crypte y sont impressionnants.


Mathieu a préféré y chercher des mangues.

Puis Jesus de Tavarangue, qui en Guarani signifie : la ville qui aurait pu être. En effet elle n’eut pas le temps d’être achevée que déjà tout devait être détruit suite à l’ordre d’expulsion.


Il s’agit de visites instructives et qui éclairent d’un œil nouveau ce que l’humanité est aussi capable d’accomplir.



Commentaires