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Le Nord du Vietnam : Sapa et Ha Giang loop

  • Photo du rédacteur: CitoyensDuMondeEM
    CitoyensDuMondeEM
  • 6 oct. 2022
  • 9 min de lecture

Ha Giang loop

Nous n’avions pas prévu de faire cette boucle à moto, mais nous avons rencontré tellement de personnes qui nous en ont parlé en des termes très élogieux, que nous avons voulu voir par nous-mêmes. Nous avions donc bousculé une première fois le programme pour faire rentrer ces trois jours de boucle sur un programme déjà bien chargé. C’était sans compter sur le typhon le plus intense des deux dernières années qui se dirigeait droit sur le Vietnam, avec comme épicentre Hoi An. Nous nous étions déjà éloignés d’Hoi An mais il pleuvait sur toute la côte. Après Ninh Binh nous devions aller directement à la Baie d’Halong, mais vu la météo et le fait que les bateaux étaient apparemment interdits de sortie nous avons préféré faire le Nord du Vietnam d’abord.



Direction Ha Giang dans ce cas.


Comment y aller ?

En bus depuis Ninh Binh. On part à 17h et on arrive à 2h du matin. Comptez 300 000 dongs.

Dans le bus, nous sommes avec un couple de françaises qui nous font un véritable stand up (stand up couché puisque nous sommes dans un bus au Vietnam). Nous n’avions pas ri autant depuis longtemps, le trajet est passé plus vite. Le chauffeur ne s’arrête pas pour faire de pause et ce malgré l’absence de toilettes dans le bus. On finit par demander, il nous arrête au milieu de nulle part et nous désigne l’arrière d’un camion en guise de WC. Ah.

Les filles nous montrent leur dernière trouvaille : les toilettes en communs, apparemment très communes dans le Nord du Vietnam (on est proche de la Chine mais quand même, ça va trop loin ces histoires de mise en commun). Il s’agit donc d’une salle avec une dizaine de trous, sans parois séparatrices où l’on peut allègrement sans donner à cul joie. Cœur joie pardon.


Vers minuit, nous faisons enfin une pause, pour manger quelque chose. Il y a des toilettes, j’en profite, un brin suspicieuse. Il y a des parois. Ouf. Enfin elles ne sont pas bien hautes ces parois, mais ça fera l’affaire. Sauf que ces parois ont été ajoutées pour les touristes. Les locaux, eux, ne comprennent pas du tout le principe et laissent donc la porte ouverte. Choc des cultures.


On arrive donc à deux heures du matin. Un taxi nous emmène à notre hôtel. Tout est extrêmement bien organisé, ça fait du bien.


Où dormir ?

Sans hesitation Ha Giang Safari Hostel and group tour. Ils ont été merveilleux. Ils nous ont attendu jusqu’à deux heures du matin, nous ont réservé le transport, nous ont tout expliqué. Formidable.


La boucle en elle-même

On part donc d’Ha Giang avec notre scooter. L’hostel nous garde les gros sacs. On roule donc dans ces montagnes impressionnantes, qui bordent la frontière chinoise. Dès les premiers kilomètres, nous sommes ébahis par tant de beauté. La route sillonne entre rizières, montagnes et rivières. On s’arrête tous les deux kilomètres pour prendre une photo. La piste s’élève dans la montagne. On prend de la hauteur. Traversant des villages, que l’on juge isolé, on apprendra dans quelques kilomètres ce que ce terme veut vraiment dire.

On passe par Bao Sum puis on s’arrête à la vue d’un coffee shop une dizaine de kilomètres plus loin. Incroyable, toute la plaine se révèle. Les montagnes trônent imperturbable sur une nature millénaire.


On mange à Tam Son. Puis on prend l’ancienne route pour Yen Minh. Longeant une rivière aux eaux turquoises. La route creusée dans la falaise serpente dans la roche. La vieille route est superbe, peu fréquentée. Les camions l’ont abandonnée. On passe au milieu de villages Hmongs, les enfants en costume traditionnel rentrent de l’école, des femmes sans âge portent des paniers remplis d’herbes inconnues. Ces paniers semblent peser une tonne.

Notre seule mauvaise expérience fut à quelques kilomètres avant d’arriver à Yen Minh. On croise un groupe de 6 enfants sur des buffles, au milieu de la route. L’image est belle. On s’arrête, les enfants nous hurlent dessus, l’un nous fait un doigt d’honneur, avec une haine dans les yeux que j’avais rarement vue. Nous sommes un peu choqués par l’interaction. Quelques kilomètres plus loin, alors que nous roulons sur le scooter, un enfant d’une dizaine d’années, sur le bord de la route a une pierre, une grosse roche dans la main, alors que nous passons il fait le geste de la jeter sur nous. Là aussi, ses yeux reflètent une agressivité déconcertante. Je suis chagrinée par cette haine pendant un bon moment.


On arrive vers Yen Minh. Il est assez difficile de trouver des hébergements avec un bon rapport qualité-prix sur la boucle, c’est vraiment le seul bémol du périple ; Quelques kilomètres avant Yenh Minh, loin du tumulte d’une ville sans âme, nous trouvons un Homestay qui a une jolie vue sur les rizières. Ce sont des matelas à même le sol, dans une grande salle commune, chaque lit étant séparé par des rideaux. La nuit est à 80 000d par personne, le repas est au même prix. Nous partageons donc ce grand dortoir, dans un joli chalet avec une française, deux belges et deux australiens. Le repas est animé de nos anecdotes réciproques. On aime bien ce genre d’ambiance, bon enfant.



Le deuxième jour, nous repartons, un peu tard car la pluie est de la partie. C’est bien le problème quand on est en montagne. On reprend la route, s’émerveillant toujours autant des paysages qui ne cessent de nous émerveiller. La route en lacet commence très vite, on monte en altitude. On se dirige vers un petit village Pho Bang, mais à part quelques maisons en torchis, le village n’a pas grand intérêt. On s’arrête au village suivant contraints par la pluie. Un peu plus loin se trouve le lieu de tournage du film la story of Pao. Petite maison, jolie. Entrée 10 000dongs. Je pense qu’il y a une vraie ferveur locale en revanche parce que tous les vietnamiens autour de nous avaient l’air ravi d’être là.


Prochaine étape Lung Cu, à la toute frontière chinoise, point le plus au Nord, où flotte fièrement un drapeau vietnamien. Juste avant d’arriver le soleil fait son apparition, illuminant nos paysages toujours plus sublimes. Les rizières se colorent d’un jaune stupéfiant, le ciel à demi-menaçant force le respect des montagnes.


Nous nous arrêtons à Dang Van prendre un café sur la place du marché. Et là commence un long combat pour trouver un logement. Nous prenons la plus belle route que l’ont ait vue jusque-là, pour arriver à Pa Vi, un endroit où les logements sont de très beaux chalets. Mais hors de prix, et loin de tout, nous serions donc contraints de manger aussi sur place. Nous rebroussons chemin vers Dang Van, sous la pluie, de nuit, à flanc de falaise. Je n’en mène pas large, mais mon chauffeur est exceptionnel tout le monde le sait. Nous peinons à trouver quelque chose dans le budget. Mathieu négocie comme un chef, avec une petite homestay sans prétention, pour 200 000d nous avons une chambre propre et à peu près confortable. Pour se réconforter on mange une pizza a Roma pizza. Oups.



Le troisième jour est le plus beau mais le plus long aussi. Nous partons alors que le soleil fait une timide apparition. Nous reprenons cette route incroyable entre Dang Van et Pa vi. La rivière en contrebas, illumine de mille subtilités les montagnes dans lesquelles elle a creusé son chemin. Côté terre, la route, toujours à flanc de falaise semble creusée dans la roche, comme un effort surhumain. C’en est d’ailleurs un, la route a été construite en 1967 et 18 jeunes volontaires y ont laissé la vie.


Nous petit déjeunons sur le bord de la route, ne se lassant pas de ce spectacle hors du commun. C’est dans ces moments-là que j’aimerais pouvoir imprimer chaque sensation, graver dans mes yeux le moindre détail de ce paysage. Puiser dans ce souvenir tout le bien-être du monde, lorsque le temps se fera plus lourd. Il faut pourtant repartir. On arrive à Meo Vac, et de là commence une tout autre épreuve. Des travaux ont lieu, justement pour améliorer la route de cette partie. Mais en attendant ce sont trente kilomètres d’un chaos sans pareil qui nous attendent. Impossible de rouler à plus de 10km/h, les nids d’éléphants sont d’un autre niveau, le précipice d’un côté, les falaises démantelées de l’autre. Le paysage est beau, mais nous ne l’apprécions pas tellement nous sommes concentrés. Je décolle plus d’une fois à l’arrière du scoot. Vers Mo Due nous faisons une pause repas, amplement méritée.


Puis nous repartons, passons à travers des routes surprenantes, au milieu de villages qui semblent sortis tout droit de livres d’histoire géographie. Là encore, les scènes dénotent d’un choc culturel, les habitants labourent les champs avec un bœuf, les enfants qui devraient être à l’école s’écharpent le dos avec ces paniers qui semblent peser plus lourds qu’eux, et remplis de ces herbes mystérieuses, des hommes fument dans un bambou, un mélange que l’on ne saurait déterminer, les enfants plus jeunes courent nus dans les cours des maisons sans clôture ou se baignent dans le bac de lessive où leur mère nettoie le linge. Si nous n’étions pas nés sous notre latitude, serions-nous allés à l’école, aurions-nous appris d’autres langues, voyagé vers d’autres pays, vus ces films au cinéma, ces pièces de théâtre, lus ces livres ? Pour autant, sommes-nous plus heureux ? tout est relatif j’imagine ;


Nous nous enfonçons à nouveau dans les montagnes, la route reprend de la hauteur, et nous admirons les rizières en terrasse qui nous pas encore été récoltées ; Sauf que bientôt, au milieu de ces montagnes, nous nous rendons compte que nous sommes sur la réserve, et que ça fait un moment que l’on n’a pas vu une station essence ; La route continue de monter. Mathieu commence à douter de nos chances d’arriver. On demande aux deux maisons que l’on croise s’ils vendent de l’essence, on nous dit de continuer notre chemin. Enfin, juste avant de tomber en panne, on s’arrête à une troisième maison, ils en vendent. Un litre, parfait. Ils nous sauvent la vie.


Le soleil rasant donne des couleurs époustouflantes aux terrasses de rizières jaunies par la saison. On doit avaler encore de nombreux kilomètres. La pluie refait son apparition en fin de journée, sur nos derniers kilomètres, histoire qu’on ne l’oublie pas.

Nous rentrons à Ha Giang, rendons le scooter à l’hostel, récupérons nos sacs. Nous sommes émus, des étoiles dans les yeux. Quelle aventure, quelle beauté, quelle humilité.



Sapa


Les Alpes Vietnamiennes ; cette ville s’altitude connue pour ses treks et ses rizières.


Comment y aller ?

Depuis Ha Giang nous prenons un bus qui nous récupère à 19h (juste le temps de prendre une douche après la loop) et arrive à 2h du matin. Comptez 300 000dongs. La route est chaotique


Où dormir ?

Le premier soir nous dormons en ville, dans un charmant petit hôtel qui nous fait penser à un chalet alpin et qui nous attend jusqu’à 2h du matin. Lien Minh Hostel. Charmant.

Puis nous partons à Surelee Homestay, à 9km de la ville de Sapa, au milieu des rizières, dans un chalet traditionnel Hmong. On a adoré. On serait resté plus longtemps. L’ambiance était merveilleuse, la nuit bon marché, la vue incroyable. Reposant, calme, charmant. On a A-DO-RE.


Où manger ?

Dans Sapa même tout est cher. Genre vraiment. Dans notre Homestay les prix sont corrects et on peut même participer à un diner traditionnel Hmong. Très bon.


Que faire ?

Nous sommes partis faire un trek d’un jour, dans la montagne et au travers des villages alentours. Notre guide Li Sa était incroyable. D’une gentillesse à tout épreuve, très vive d’esprit.


Très ouverte, nous avons pu beaucoup échanger. Lisa a 27 ans, soit un an de moins que moi. Elle s’est mariée à l’âge de 13 ans. Elle a eu son premier enfant à 15 ans. Dès son mariage elle est partie vivre dans sa belle-famille. Il lui fallait à partir de ce moment, cuisiner pour toute la famille, entretenir toute la maison pour tout le monde. Sa mère lui avait dit d’abandonner l’école parce qu’avec toutes ces tâches elle n’aurait plus de temps pour elle. Mais son rêve était d’apprendre l’anglais. Parce que quelques années avant elle avait croisé, pour la première fois, des européens, qui parlaient une langue étrange, et son institutrice lui avait dit que si elle apprenait l’anglais, elle pourrait un jour se rendre dans un autre pays, et discuter avec ces étrangers-là. Alors, à partir de là son but s’est transformé : apprendre l’anglais, et peut-être un jour aller dans un autre pays. Même enceinte, elle a continué à ce rythme effréné pour pouvoir apprendre l’anglais. Aujourd’hui, elle travaille comme guide, elle a trois enfants, elle veut apprendre le français, et elle espère pouvoir un jour aller dans un autre pays. Surtout maintenant qu’elle vit dans sa propre maison avec son mari, et qu’elle n’a plus à entretenir sa belle-mère.


Nous discutons vraiment, et c’est une rencontre bouleversante. Elle a un an de moins que moi. Elle est mariée depuis 14 ans. J’aurais pu avoir ce genre de destin, si la loterie de la vie m’avait affectée ailleurs. A 13 ans, on me disait de travailler, de me concentrer sur l’école, on me demandait ce que je voulais étudier, quel métier je voulais faire plus tard. A 13 ans, on lui trouvait un mari, on lui apprenait à cuisiner pour la famille, à coudre des vêtements pour ses enfants. Une année nous sépare, des années lumières pourtant semblent séparer nos vies. Elle me demande si je veux des enfants. Je lui réponds, « pas vraiment, j’ai trop de choses encore à faire ». Elle me répond « quand tu seras plus grande ». j’ai un an de plus qu’elle. Je souris.


Elle nous emmène au milieu des rizières, nous montrent les différents costumes et les différences entre les ethnies qui vivent dans la montagne. On rentre au homestay, essayant de digérer toutes ces informations, toutes ces différences. Le respect en maître mot. L’humilité juste derrière.




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