Le Centre du Vietnam : Hoi-An, Hué et Phong Nha
- CitoyensDuMondeEM

- 6 oct. 2022
- 10 min de lecture
Quitter Ho Chi Minh, la libération.
Direction Hoi An

Comment s’y rendre ?
Quoi qu’il en soit, il faudra passer par Da Nang, une station balnéaire à une trentaine de kilomètres d’Hoi An. On peut s’y rendre en avion ou en train.
Nous choisissons le train pour ne pas perdre notre batterie solaire, déjà échaudés par notre vol interne en Thaïlande.
Prix 956 000 dongs par personne pour un train couchette dans un compartiment de quatre avec la climatisation et une porte.
Nous avons les deux couchettes du dessus. Un couple est déjà installé sur les deux couchettes inférieures. On pose les bagages, on monte sur nos couchettes, propres, confortables. Le train part à 21h. il est prévu d’arriver le lendemain à 13h. Le voyage se passe plutôt bien, nos compagnons de route s’arrêtent à Nha Trang vers 4h du matin. Je me réveille également, surveillant les bagages. Deux femmes les remplacent, beaucoup moins discrètes. Malgré l’heure matinale elles hurlent dans la cabine en essayant de s’installer.
Vers 5h30 Mathieu assiste au lever du soleil, dans le paysage côtier. Je me réveille quelques heures plus tard, admirant le panorama, la mer en toile de fond et les belles plages bordées de roches spectaculaires.
On arrive à Da Nang à l’heure. Mauvaise nouvelle, le bus de ville reliant Hoi An pour une somme modique, ne circule plus, la faute au Covid. Il a bon dos celui-là.
Un taxi moto (easy rider) propose de nous emmener pour 100 000 dongs chacun. Moto taxi. Le concept me semble surprenant, mais fonctionne plutôt pas mal. Nous avons même des casques ! Nos sacs étant bien harnachés sur le porte-bagage. On voit Lady Bouddha, la plage des américains (où ils ont débarqué), la montagne de marbre. On s’arrête même boire un verre et Mathieu goute à la bière Larue.
On arrive à Hoi An sans encombre.
Où dormir ?
Love Village Homestay, excellent rapport qualité-prix, merveilleuse famille, petit-déjeuner inclus, propre. Comble du luxe la douche est séparée des WC par une vitre ! pour une fois on ne va pas se mouiller les fesses en s’asseyant sur les toilettes ! le rêve. Ils mettent même à disposition GRATUITEMENT des vélos pour se rendre à Hoi An.
Où manger ?
Plusieurs petits restaurants bon marché et très corrects. Mais rien qui sorte du lot de manière significative.
Que faire ?
Se promener dans Hoi An. Quel plaisir. La ville devient piétonne vers 17h. Après Ho Chi Minh et son agitation c’est un soulagement sans pareil. On admire le long des quais, le pont, les petits lampions qui donnent tant de charme, le jaune des maisons devant lesquelles poussent d’imposants bougainvilliers.
Le charme de cette ville est sans pareil, il faut le voir de jour et de nuit. On a plaisir à se perdre dans ces ruelles authentiques. La ville étant classée au patrimoine mondial de l’UNESCO. Les petites maisons de bois étant les premières à avoir été classées.
Il existe également un pass à 60 000dongs par personne qui permet de rentrer dans 5 lieux culturels : vieilles maisons, maisons communales, temple et musées.
Ainsi nous avons pu visiter :
Le pont japonais
La maison Tan Ky et la maison chapelle de la famille Tran. La première est le premier monument à avoir été classé. Dans les deux maisons on retrouve un style mêlant, l’architecture vietnamienne, chinoise et japonaise. Le toit en carapace de tortue sur les côtés et les poutres au milieu 5 dans la largeur, représentant les cinq doigts de la main et les 5 éléments (eau, feu, métal, bois, terre) et trois poutres dans la hauteur représentant la paume de la main et les trois mondes, le paradis, l’enfer et la terre.

Dans la première on trouve aussi de magnifiques caractères chinois nacrés, dans les poutres qui prennent la forme d’oiseaux lorsqu’on regarde de plus près. Du mobilier délicatement nacré et une curieuse tasse Confucius, qui aurait près de 800 ans. Lorsqu’on remplit la tasse, si on la remplit à moins de 80% tout reste dans le contenant, en revanche dès qu’on dépasse 80% tout le contenu s’échappe et il ne reste plus rien à boire. Une manière originale de dénoncer la cupidité.
Dans la seconde maison, on trouve l’autel aux ancêtres devant lequel une énorme poutre au sol doit être enjambée pour pouvoir poursuivre son chemin, une manière de forcer tout visiteur à baisser la tête pour d’une part de pas trébucher et d’autre part respecter les ancêtres dont les reliques figurent dans de petites boites de bois sur l’autel. On nous y montre une collection de pièces anciennes.
Le temple Phu Quien (qui manque cruellement d’explication)
Le musée de médecine traditionnelle vietnamienne (pas folichon non plus).
La maison commune du Japon.
La ville se suffit à elle-même pour être honnête.
On fera quand même un petit tour de barque, la nuit venue, au milieu des Lampions histoire d’admirer les deux rives sous un jour nouveau. Comptez 150 000 dongs pour un bateau de 1 à 3 personnes.
Notre plus grande frustration ici aura été de ne pas avoir suffisamment de place dans les bagages, on aurait voulu tout ramener.
Bon on a quand même un peu craqué. On est tombé sur une jeune femme qui a engagé (très innocemment bien sûr…) la conversation et nous a emmenés jusque chez son employeur un tailleur (Bari Tailor) et là on a complètement craqué et fait faire le costume de mariage de Mathieu. Le rendu était incroyable, j’en suis encore tout émue dis donc.
On aurait voulu aussi lui faire faire ses chaussures (sur mesure également). Mais là pas la place. Le travail du cuir est également impressionnant.
Enfin on a trouvé un musée magnifique, gratuit, c’est plutôt une galerie photo de Réhahn. Les photos sont grandioses, témoignage de ce que le Vietnam a de plus beau.
HUE
La ville impériale, la citadelle, la capitale de la dynastie des N’Guyen. Voilà une ville symbole historique du Vietnam.
Comment y aller ?
Depuis Hoi An un bus nous y emmène. Comptez 200 000dongs et 4h de transport. Depuis notre hôtel une petite moto vient nous récupérer. On le regarde interloqués. On est deux. Chacun avec un gros sac, et un petit. La moto ne nous semble pas être le moyen de locomotion le plus adéquat. « One by One ». Bon très bien. Allons-y. Je pars en premier, mon gros sac dans les pieds du chauffeur, mon petit sur mon dos, le sachet avec le costume dans les bras. Je réalise à mi-chemin que je ne porte pas de casque. Adaptation jusqu’au bout des ongles ou plutôt des cheveux en l’occurrence. Je monte dans le bus et attend patiemment Mathieu. Le chauffeur démarre le bus, je suis seule dans le bus. Il commence à partir, je m’avance vers lui pour lui dire d’attendre, j’essaye de lui faire comprendre qu’il manque quelqu’un. Il me hurle dessus pour que je retourne derrière, fais des signes de la main pour que je me taise. Le voilà bien lancé. Je crie plus fort « I am not leaving without him, If you do not want to wait, you stop and I go down, now!” “I stop” répond-il agressivement. Je prends mon sac et descend du bus le voilà qui hurle plus fort pour que je remonte. Il charge de nombreuses boites, nous avons parcouru 200m, avec un peu de chance, le temps du chargement Mathieu arrivera. D’autres passagers montent. Je vois le scooter avec Mathieu qui arrive mais le chauffeur l’emmène au point où il m’avait déposé sans comprendre pourquoi le bus n’est plus là. Bref, il monte enfin dans le bus et nous pouvons partir.
Où dormir ?
Sunny A hôtel était parfait.
Où manger ?
Cozy restaurant, et maison Trang.
Un peu d’histoire sur Hué
Bordée par la rivière des parfums, non loin de la mer, le lieu a été choisi comme capitale par les empereurs de la dynastie N’Guyen à la fin du XVII° siècle. Elle est aujourd’hui inscrite au patrimoine mondial de l’Unesco.
Parmi les plus célèbres occupants de la cité on trouve Gia Long, Minh Mang et Tu Duc.
Gia Long parvient d’ailleurs au pouvoir grâce à une alliance avec les français. La période de prospérité qui s’en suit permet la réalisation des travaux pour lesquels la ville est aujourd’hui si célèbre à grand renfort d’astrologie.
C’est ici aussi la capitale du chapeau traditionnel vietnamien. De nombreux habitants viennent d’ailleurs en costume traditionnel avec leur chapeau conique pour des séances photos immortelles et intemporelles. Il faut d’ailleurs savoir que les N’Guyen ont été quelque peu prolifiques en matière familiale. Certains d’entre eux ayant eu jusqu’à 144 enfants. Alors peut-être que parmi les visiteurs en costume traditionnel de la cité impériale se trouve grand nombre de descendants de la célèbre dynastie (on comprend également mieux pourquoi autant d’habitants s’appellent N’Guyen du coup).
Un seul, Tu Duc, n’eut aucun enfant (peut-être à cause des oreillons qu’il aurait contracté enfant) et ce malgré ses 103 concubines. Non je ne ferai aucun jeu de mot facile avec son nom insinuant des pratiques peu propices à la conception d'enfants.
A savoir, il pleut beaucoup dans cette région côtière, et on a pu l’expérimenter…
A voir
La citadelle
Prix d’entrée 200 000d couplé avec le musée des Antiquités royales (qui semble cependant gratuit en toutes circonstances mais bon…)
Il est possible de prendre des billets groupés avec certains tombeaux. Mais ça fait mal au budget quoi qu’il en soit.
On entre par la porte du midi, sur laquelle on peut facilement monter et admirer la vue sur les murailles d’enceinte et le reste des lieux.
On se promène de palais en palais, du palais du trône (en travaux) à la cité pourpre interdite, on se promène ensuite dans les jardins agrémentés de bonzaï, au charme tout particulier, et au milieu de pavillons rouges et doré ouverts sur les jardins. Promenade très agréable.
Le musée, légèrement à l’extérieur de la cité pourpre interdite, se situe dans un palais de bois de toute beauté, la collection n’est pas bien grande mais jolie à regarder.
A l’extérieur de la ville.
En longeant la rivière des parfums, derrière laquelle, le soleil se couche, lorsqu’on a la chance de la voir sortir des nuages, on peut se rendre dans les différents tombeaux de ces empereurs.
Le plus beau, le plus harmonieux est le tombeau de Minh Mang.
150 000dongs l’entrée. On se gare derrière le tombeau, dans un parking clandestin, on se fait un peu avoir sur ce coup-là.
Les tombeaux sont tous construits sur le même schéma : une armée de mandarins, de chevaux et d’éléphants de pierre gardent l’entrée, puis on avance jusqu’à la stèle. Cette pierre gravée retrace l’histoire et la biographie du souverain enterré. Puis le temple et enfin après un certain nombre de pièces d’eau 3 ponts mènent au tombeau lui-même cerné d’un mur d’enceinte. L’empereur y était enterré avec tout ce dont il pourrait avoir besoin dans l’autre monde. Et Apparemment l’autre monde est plutôt exigeant en termes de besoin.
Celui de Minh Mang est orienté sur un même axe Nord-Sud, il dénote d’une harmonie parfaite avec la nature. Un cadre champêtre, calme et paisible, que l’on admire posément. Souvent les tombeaux étaient édifiés sur des plans conçus par les empereurs eux-mêmes de leur vivant, et les travaux entamés de leur vivant également.
Minh Mang était le fils de Gia Long, vrai fondateur de la dynastie.
Il y a plusieurs autres tombeaux (Gia Long, Khai Dinh, Dong Khanh).
Le deuxième que nous faisons (enfin que je fais parce que Mathieu se « sacrifie » compte-tenu du prix, quel sens de l’abnégation) et celui de Tu Duc.
Orienté différemment, moins rectiligne, plus romantique avec ses pavillons sur l’eau.
Tu Duc régna le plus longtemps (1848-1883), il dû gérer de nombreuses rebellions et de nombreuses intrigues et trahisons. C’est le seul empereur à n’avoir eu de descendance.
Le lieu est charmant.
A savoir : cette folie des tombeaux s’était étendue au reste de la population poussant les instances dirigeantes à légiférer pour encadrer le tout est limité le périmètre à 250m.
Phong Nha Ke Bang
Alors là c’est l’histoire de notre échec le plus complet en termes d’organisation, de météo, bref on s’est mal débrouillé, c’est le cas de le dire.
Comment y aller ?
Pas comme nous. On a suivi les conseils du routard mais notre guide date un peu et je pense que depuis de meilleures solutions existent. Nous avons donc pris un bus direction Dong Hoi, pour y dormir. Le chauffeur roulait comme un branque et il a fini par nous jeter au milieu de la route à 7 kilomètres de Dong Hoi, au milieu de la nuit. Quand on a commencé à râler, il nous a dit de prendre un taxi. Sauf qu’on était les seuls touristes à faire ce trajet (ce qui aurait peut-être dû nous mettre la puce à l’oreille), donc pas de taxi et en plus le billet était déjà très cher (250 000dongs pour 150 km mais 4h de transports pour livrer les scooters dans le coffre). Ils jettent nous sacs sur le bord de la route et nous poussent vers la sortie. On commence donc notre douloureux pèlerinage vers la ville ; 7km à 22H c’est long. Par principe on n’a pas envie de repayer un taxi et d’alimenter l’escroquerie ambiante, mais mes principes fondent au même rythme que la cellulite sur mes fesses. On finit par demander un code wifi et commander un grab.
Pas de recommandation pour manger ni dormir.
A voir
Le but est donc d’aller à Phong Nha, à 40km de là. On loue un scooter et c’est parti. Il y a plusieurs grottes, Phong Nha, Paradise cave, dark cave. On se concentre sur Phong Nha.
150 000d l’entrée, un bateau à 550 000dongs à partager avec autant de personnes que vous pourrez trouver (12 maximum). On attend un peu et on se retrouve à 11.
30 minutes de bateau et on nous dépose à l’entrée de la grotte. On déambule au milieu des stalactites et des stalagmites, qui sont impressionnantes, c’est certain mais je crois qu’on nous avait un peu survendus le truc, et entre Padirac où mes parents vivent et les grottes de Betharam, ça ressemble quand même à ce qu’on a déjà vu. Tout le monde trouve cela formidable alors c’est peut-être nous qui sommes un peu blasé, ou un peu désabusés par la somme d’efforts qu’il a fallu faire.
Dormir à Phong Nha est sûrement une meilleure solution, surtout qu’il y a un typhon qui arrive et que la météo était pourrie et risquait de nous empêcher carrément de faire la route Dong Hoi Phong Nha. Mais le temps s’est levé et on a même eu du ciel bleu. Malgré tout nous avons passé quelques heures à nous demander comment on allait faire.
Apparemment la paradise cave est très jolie, et la dark cave est l’occasion rêvée de faire de la tyrolienne, du kayak, bref, à moins d’avoir un budget illimité ou une passion féroce pour les stalactites, je ne suis pas sûre que cela vaille le coup de toutes les faire.
Pas loin il y a la zone démilitarisée de Vin Hoc, une des régions les plus bombardées pendant la guerre du Vietnam avec des tunnels similaires à ceux que l’on a pu voir Cu Chi. On ne s’y est pas rendus.











































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