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Le Salkantay, le chemin sportif d’accès au Machu Picchu

  • Photo du rédacteur: CitoyensDuMondeEM
    CitoyensDuMondeEM
  • 28 juin 2023
  • 9 min de lecture

Pour arriver au Machu Picchu, l’une des 7 merveilles du monde (la deuxième que l’on voit dans ce voyage après le Taj Mahal), ce n’est pas forcément simple. La solution économique consiste à prendre un bus jusqu’à Hidroelectrica puis à marcher le long des rails pendant 10km.



La solution la plus sympa consiste à prendre le train, mais c’est très cher.


On peut également arriver à pied. Il y a deux chemins : l’inca trail, 4 jours de marche, guide obligatoire, à réserver 8 mois à l’avance et compter un sacré budget (au moins 800€ le trek).

La seconde option est le Salkantay. On opte pour celle-ci.


Agence ou pas agence ?

On pensait initialement passer par une agence : Machu Picchu réservation, recommandée par mon grand frère et ma belle-sœur.


Il faut compter environ 300 dollars par personne, avec retour en train, sans les entrées du Machu Picchu ni le bus d’Aguas Calientes à Machu Picchu. Qui plus est, on dort en tente.

Mathieu s’est saisi, rapidement du problème ne voulant absolument pas dormir en tente, gardant du trek du W, un très mauvais souvenir.


Nous nous renseignons rapidement et cela semble faisable en autonome et en dormant en lodge. Nous décidons donc de le faire. Cout total 300 euros par personne tout compris, transport, tous les lodges, tous les repas, les entrées au Machu Picchu, le bus pour y aller, le train pour retourner et tous les repas jusqu’à Cusco. Donc ce n’est pas forcément beaucoup moins cher mais c’est plus confortable, (du moins on a trouvé). On dormait dans de très beaux lodges, et on n’était pas contraints de suivre un groupe.


Jour 1 Cusco – Soraypampa – Laguna Humantay – Soraypampa


Beaucoup de transport ce premier jour et peu de marche. Réveil à 4h car il faut partir avant 5h de Cusco car la route est fermée de 7h à 12h pour raisons de travaux. Nous nous rendons donc à la gare de bus pour Mollepata. On monte dans un minivan, qui part lorsqu’il est plein : cout 20 sols (possibilité de négocier jusqu’à 15 apparemment, mais à 4h du matin on est trop dans le pâté).


Le minivan est bondé et il finit par partir. A côté de nous, un péruvien qui décide d’appeler tout son répertoire, en haut-parleur et en hurlant. Un vrai fléau en Amérique latine. Les écouteurs ne sont pas culturels, le haut-parleur oui. Je suis cependant bluffée, de voir qu’à 5h du matin autant de personnes lui répondent. Il écoute ensuite des vidéos, toujours sans écouteurs. On vous passe également les odeurs elles passeraient mal à travers l’écran.


Bref après deux heures du trajet de l’enfer, nous arrivons à Mollepata au lever du jour. De là nous attendons un collectivo pour Soraypampa, qui ne vient pas, et finissons par prendre un taxi pour 100 sols (nous sommes 4). Apparemment on peut négocier jusqu’à 80.


Après 1h30 de route nous arrivons à Soraypampa.


On s’installe au refuge Nacho, tenu par une famille adorable, propre. 60sol/personnes pour une chambre partagée, 80sol par personne pour une chambre privée avec eau chaude et Wifi. Les prix incluent presque toujours Dîner et petit-déjeuner.


Après avoir déjeuné, nous partons pour la laguna Humantay. A l’heure où tous les groupes redescendent, et c’est génial parce qu’une fois arrivés en haut il n’y a personne. En revanche les randonneurs du dimanche qui font l’excursion se moquent de nous dans l’autre sens parce qu’on a l’air de galérer. Une femme à qui nous n’avons absolument rien demandé nous dit « it’s a long way » j’aurais dû lui répondre « Until Machu Picchu, for sure » mais j’étais estomaquée qu’on dise ça aux gens.






Bref nous faisons donc la dizaine de kilomètres aller-retour jusqu’à la laguna. Environ 2h30 de marche. Le dénivelé sur la fin est assez costaud. Mais la vue est spectaculaire. Il fait très beau et nous voyons le Nevado Salkantay entièrement dégagé. On crache encore nos poumons, Mathieu et moi à tousser au moindre effort, mais finalement nous sommes très heureux d’être dans la montagne de nouveau.





Attention on est à 4 000 d’altitude, ça tape un peu et il fait froid. Mais le lodge est top et nous fourni une bouillote pour la nuit. On n’a pas eu froid.


Jour 2 Soraypampa – Colcapampa 23km 800D+ 1900D-


Nous partons tôt de Soraypampa, et commençons la marche avec le soleil ne vienne complètement nous réchauffer ; il faut compter entre 3 et 4 heures de montée. La journée commence bien. On longe la rivière d’abord en pente douce, nous rapprochant du Salkantay, puis ça monte sec. La dernière partie est la plus dure. On arrive enfin au sommet. La vue est incroyable. Les sommets enneigés sont spectaculaires, à couper le souffle. Le col se trouve à 4 700m d’altitude.













A présent on entame la redescente. Et ce n’est pas pour autant plus simple surtout pour les genoux. On marche longuement, en descente. On quitte les sommets enneigés pour une forêt tropicale dense et plus chaude. Après 4h30 de redescente on arrive Chollay. On passe le village en se faisant attaquer par une nuée d’insectes affreux et on arrive à Colcapampa où l’on dort. Lodge a Molle Calpulichayo (50 sols par personne avec petit déj, diner, wifi et eau chaude). On est redescendu à 2 800m d’altitude et on dort bien.








Pour le repas du midi nous avions demandé à notre lodge Nacho de nous faire des sandwichs. Car sur la route il n’y a qu’un petit village après le col. On doit pouvoir y déjeuner mais comme nous n’étions pas surs nous avons préféré assurer le coup.







Autre point, un chiot trop mignon nous a suivis tout du long du voyage faisant deux étapes avec nous et alternant de groupes. Devenant la mascotte du coin. Evidemment, ma prochaine recherche internet « comment ramener un chiot du Pérou » en dit long sur mon cœur d’artichaut. Mais nous étions très inquiets qu’elle ne puisse pas retrouver son chemin. On pense que c’était le chiot du premier refuge, on les a contactés pour qu’ils sachent que leur chien était sur le Salkantay, mais je ne sais pas quelle suite ils ont donné.




Jour 3 Colcapampa – Llaqtapata 23km 800D- 800D+


Deux options pour ce jour-là : S’arrêter à Lucmabamba et faire un tour de café, ou continuer jusqu’à Llactapata et dormir avec une vue spectaculaire sur le Machu Picchu. 17km pour la première option 23 pour la seconde et avec tout le dénivelé à la fin.


Nous optons pour la seconde option. Les premiers kilomètres sont en descente avec parfois quelques remontées. On longe la rivière, de l’autre côté de la route, sur un petit chemin à flan de falaise, parfois assez dangereux. (certains trichent et font cette partie-là en voiture !). On s’enfonce dans la forêt tropicale, et on continue de longer la rivière pendant de nombreux kilomètres jusqu’à Playa. Où l’on déjeune pour 15 sols. Une pause amplement méritée. Nos jambes commencent à être sacrément douloureuses.











On se remet en marche, on longe la route jusqu’à Lucmabamba, et là on commence l’ascension de l’enfer. 6km et 800 de dénivelé. Le tout après 40km dans les pattes en deux jours. Le chemin est beau mais nous ne l’apprécions pas vraiment. Pour les deux derniers kilomètres je dois m’arrêter tous les cent mètres, mes jambes ne veulent plus collaborer.

On loge à Macchu Picchu Eco lodge. En arrivant la vue est tout simplement saisissante. Incroyable. On observe ces montagnes spectaculaires, et en face de nous à la jumelle, la cité inca, trône, imperturbable.










La chambre pour 3 est à 270 sols, soit 90 par personne (à Lumabamba on pouvait dormir et manger pour 50/personne de noueau). Avec dîner et petit-déjeuner, mais ni Wifi ni eau chaude. Ça c’est un peu la déception, j’ai rêvé d’une douche chaude pendant toute la montée. Mais vu notre état même une douche froide fera du bien. Nous sommes de nouveau à 2 800m d’altitude donc les températures sont les mêmes. Notre chambre est spectaculaire avec un grand espace ouvert pour admirer la vue, comme une petite bulle. Le soir au coin du feu, nous observons les étoiles. Un spectacle magique.


Jour 4 Llactapata – Aguas Calientes 17KM

Nous repartons le lendemain matin, après maintes observations à la longue vue et à la jumelle. On redescend inexorablement cette longue montée qui nous a achevés hier. En bas, nous dégustons un jus frais passion ananas. La vue à la redescente était spectaculaire.

Nous marchons de manière presque plate jusqu’à Aguas Calientes. Mathieu avait vu une gare de colectivo et pensait que nous pouvions tricher et prendre un colectivo jusqu’à Aguas Calientes… Dommage, les colectivos vont dans l’autre sens, c’est-à-dire Santa Teresa… Faux espoir. On mange à Hidroelectrica, et on recommence à marcher, le long de la voie ferrée qui va jusqu’à Aguas Calientes. Deux petites montées par des escaliers mais après c’est quasiment plat (contrairement à ce que nous disait Maps.me). On voit le train passer. Pour traverser les rivières on doit marcher sur les planches sur les rails pour pouvoir traverser. Ce qui nous demande un effort de concentration herculéen.













On arrive enfin à la section où la route pour le Machu Picchu commence, à 2km de la ville je me dis qu’on va trouver un taxi, si proche de la ville, mais rien n’y fait, il n’y a pas de voiture, puisque le seul moyen de venir ici c’est le train. On finira donc à pied, à Aguas Calientes. Où l’on retrouve Samuel, frais comme un gardon, et qui est parti se dégourdir les jambes et nous a oubliés. Nous attendons donc en dehors de l’appartement, rêvant de la douche, son retour.

V




On mange tous ensemble, profitant de ce bon moment entre amis.

Aguas Calientes, n’a pas d’intérêt particulier, c’est juste un passage obligé pour le Machu Picchu.


Jour 5 Machu Picchu – retour à Cusco


Nous avons pris les billets sur le site officiel https://www.machupicchu.gob.pe/

Mais j’avoue que je n’avais pas tout compris avec les différents circuits et les entrées aux différentes montagnes (Wayna Picchu etc.) on a pris le billet classique sans même se rendre compte qu’il y avait des options.



















Bref, c’était bien quand même : prix 150 sols par personne ; On a pris les premiers billets : créneau d’entrée 6h-7H.


Pour le bus, ils commencent à partir à 5h30. On avait réservé la veille les billets. 43 sols l’aller, pas donné vu que ça dure 30minutes.


Nous avons partagé un guide avec un couple de français très gentils. Nous les retrouvons donc à 5h15 devant le bus. On scanne un milliard de fois nos tickets, de bus, de Machu Picchu et on monte dans le bus. On commence l’ascension, s’enfonçant dans les nuages.

A 6h nous voilà au sommet, et dès que les portes ouvrent nous nous aventurons sur ce site incroyable. Toujours dans les nuages. Nous allons au point le plus haut, et attendons patiemment que la mystérieuse cité inca se découvre, timide, presque pudique. Enfin le nuage passe, on distingue les habitations et enfin la montagne.


Le spectacle est saisissant. Magique. On le photographie sous tous les angles. On a de la chance il n’y a pas grand monde.










V



Puis nous nous aventurons, après la partie agricole, la ville. Qui pouvait accueillir jusqu’à 500 personnes, on considère que c’était sûrement la résidence secondaire de l’Inca, près du temple du soleil. Parfaitement aligné pour les solstices d’hiver et d’été. Le cadran solaire est incliné à 13° car le Machu Picchu est 13° sous l’Equateur. On admire encore une fois, l’imbrication parfaite de ces blocs de pierre colossaux. La vue est incroyable. Le site est loin d’avoir livré tous ces secrets et il y a encore beaucoup de choses que l’on ignore.


Le 9° empereur inca Pachacutec serait à l’origine de la construction de cette cité en 1438, proche de l’Amazonie pour préparer la conquête de cette partie du monde, en hauteur sur une montagne pour des raisons religieuses.


On trouve des restes humains de nobles, enterrés en position fœtale pour assurer leur renaissance, avec la dépouille d’un chien à côté, celui qui connait le chemin et les guidera pour trouver la voie vers l’autre monde.


On pense qu’en 1534, les incas ont abandonné la cité après avoir entendu la chute de Cusco. Le site est alors tombé dans l’oubli, la végétation a repris tous ses droits, engloutissant la cité inca. Quelques familles étaient restées en bas du Machu Picchu continuant la culture du maïs. Un incendie au début du 20° siècle a permis de mettre à jour l’existence de la cité. Et en 1911 Hiram Bingham, un professeur de Yale à la recherche des derniers refuges de Mando Inca, qui organisait la résistance contre les espagnols. Il organisa ensuite avec Yale une expédition d’envergure pour explorer davantage le Machu Picchu.


On trouve sur le site un ingénieux système de fontaines et de sources (un peu comme à Angkor) pour canaliser les 8 mois de pluies chaque année et alimenter la ville. On retrouve également « les poubelles du Machu Picchu » le composte et les endroits où ils cultivaient.

Après avoir tenté de graver dans nos paupières chaque détail de ce lieu mythique et magique, nous redescendons (à pied cette fois) jusqu’à Aguas Calientes. La redescente est bien plus facile que la montée, et nous sommes au village en 1h20. Nos genoux cependant, un peu échaudés par le trek nous font payer cet affront.


Après un déjeuner en ville, nous partons à la gare et rentrons en train. La vue est spectaculaire, entre pics enneigés et vallées surprenantes. Il faut compter environ 60€ par personne avec Perurail. Le train nous laisse à Poroy où un bus nous emmène jusqu’à Cusco pour un repos mérité. Eh oui, même au Pérou nos voyages en train ne se passent pas comme prévu et on doit changer de locomotive au milieu du trajet.







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